La réponse est non, car une source ou un fleuve ne se porte pas. Pourquoi donc n’a-t-Il pas dit : « une source dont boiront les rapprochés » ? Cette difficulté peut recevoir deux réponses. Certains savants ont dit que la préposition « avec » avait ici le sens de « de » ; « une source avec laquelle ils boiront » signifierait donc : une source dont ils boiront. D’autres ont affirmé que le verbe « boire » incluait ici le sens d’« être désaltéré » ; le passage signifierait alors : une source par laquelle les rapprochés seront désaltérés. Ce sens — ou cette interprétation — est préférable au précédent, car deux éléments plaident en sa faveur. Premièrement, la préposition conserve son sens premier. Deuxièmement, le verbe « boire » inclut un sens qui va au-delà du simple fait de boire : celui d’être désaltéré. Que de gens boivent sans être désaltérés ! En revanche, celui qui est désaltéré a nécessairement bu. La seconde interprétation est donc préférable : le verbe « boire » inclut ici le sens d’« être désaltéré ».
« Ceux qui commettaient des crimes riaient de ceux qui avaient cru. Lorsqu’ils passaient près d’eux, ils échangeaient des clins d’œil moqueurs. Lorsqu’ils retournaient auprès des leurs, ils revenaient tout réjouis. Et lorsqu’ils les voyaient, ils disaient : “Ceux-là sont vraiment des égarés !” Or ils n’avaient pas été envoyés pour les surveiller. Aujourd’hui donc, ce sont ceux qui ont cru qui rient des mécréants. Sur les divans, ils contemplent. Les mécréants ont-ils été rétribués pour ce qu’ils faisaient ? »
« Ceux qui commettaient des crimes », c’est-à-dire ceux qui se livraient au crime, autrement dit à la désobéissance et à la transgression, « riaient », ici-bas, « de ceux qui avaient cru », par dérision, moquerie et mépris à leur égard. « Lorsqu’ils passaient » : le sujet peut désigner les croyants passant près des criminels, aussi bien que les criminels passant près des croyants. Or voici une règle qu’il convient de comprendre en matière d’exégèse : lorsqu’un verset admet deux sens qui ne se contredisent pas, il faut alors