et al-Zarkashî dans al-Baḥr al-Muḥîṭ, ainsi que ʿAbd al-ʿAzîz al-Bukhârî dans Kashf al-Asrâr, al-Futûḥî dans son Šarḥ al-Kawkab al-Munîr, et al-ʿAṭṭâr dans sa ḥâshiya sur al-Jalâl al-Muḥallâ.
Al-Šanqîṭî, dans sa Mudhakkira, estime pour sa part que le consensus ne concerne que les questions proprement religieuses.
Al-Ghazâlî écrit dans al-Mustasfâ (p. 137) : « Al-Naẓẓâm soutient que le consensus correspond à toute opinion dont la preuve est établie, fût-elle émise par une seule personne ; conception contraire à l’usage linguistique et conventionnel. » Fin de citation.
Je dis : toutefois, Muḥibb-Allâh rapporte dans Musallam al-Thubût (2/211) : « Certains Naẓẓâmiyya et des chiites ont déclaré que le consensus est impossible, thèse que plusieurs ont attribuée à al-Naẓẓâm. Al-Subkî précise qu’il ne s’agit que de l’avis de quelques-uns de ses disciples, tandis que, pour al-Naẓẓâm lui-même, le consensus est concevable mais n’a aucune valeur probante. » Fin de citation.
Je dis encore : parmi ceux qui ont également nié l’autorité du consensus figurent les Khâridjites, comme le rapporte al-Iḥkâm (1/183), ainsi qu’un groupe de Murjiʾites mentionné dans al-Musawwada (2/615), lesquels affirment qu’il est possible que toute la communauté tombe d’accord sur une erreur.
— La force normative du consensus est-elle catégorique (qaṭʿiyya) ou seulement conjecturale (ẓanniyya) ?
La synthèse des doctrines sur cette question a été recueillie par al-Zarkashî dans al-Baḥr al-Muḥîṭ (6/388-389) et par al-Šawkânî dans Iršâd al-Fuḥûl (p. 144).
Al-Zarkashî écrit : « Sixième étude : le consensus constitue-t-il une preuve irréfutable ? Al-Rûyânî dit dans al-Baḥr : si le consensus se forme sur l’un de ses fondements, est-on certain de son authenticité ? Deux avis existent : le premier répond par l’affirmative afin que la preuve demeure valide ; le second le nie, arguant que nul parmi ses membres n’est infaillible, pas plus le groupe que chacun d’eux. Plusieurs spécialistes des fondements ont déclaré, sans réserve, qu’il s’agit d’une preuve définitive ; parmi eux : al-Ṣayrafî et Ibn Burhân ; chez les Ḥanafites, al-Dabûsî et Šams al-Aʾimma, qui y voient un honneur accordé à cette communauté. Al-Iṣfahânî soutient qu’il s’agit là de l’opinion la plus répandue, qu’elle prévaut sur toutes les autres preuves et qu’aucun argument ne peut lui être opposé ; il l’attribue à la majorité, ajoutant que son contradicteur est voué à l’excommunication ou, à tout le moins, déclaré égaré et innovateur. L’imâm al-Râzî et al-Âmidî, en revanche, estiment qu’elle ne procure qu’une certitude conjecturale. L’avis correct consiste à distinguer : ce sur quoi les autorités reconnues sont unanimes constitue une preuve décisive, tandis que ce qui a fait l’objet de divergence — tel le consensus tacite (al-sukûtî) ou les cas où l’on ignore s’il existe une opposition — n’est qu’une preuve…