— Le consensus tacite
L’éminent shaykh ash-Shanqîtî écrit dans la Mudhakkira (p. 188) :
« L’examen de cette question fait apparaître trois cas :
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Si, d’après les indices relatifs à l’état de celui qui se tait, on sait qu’il agrée la parole en question, il s’agit, à l’unanimité, d’un consensus.
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Si, par ces mêmes indices, on sait qu’il la désapprouve et n’y consent pas, il n’y a, là encore à l’unanimité, aucun consensus.
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Si l’on ignore s’il approuve ou désapprouve, trois avis déjà cités sont alors en présence, et l’opinion majoritaire veut qu’il s’agisse d’un consensus tacite dont la preuve reste conjecturale. » Fin de citation.
Je dis : Les trois avis auxquels le shaykh fait allusion sont ceux qu’il explicite en ces termes : « Lorsqu’un Compagnon émet un avis sur une obligation légale, que cet avis se répande parmi les autres Compagnons et qu’ils se taisent, trois positions existent, et la plus juste est qu’il s’agit d’un consensus tacite dont la valeur demeure présomptive :
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C’est un consensus. Un texte allant en ce sens est rapporté d’Aḥmad ; c’est aussi l’opinion de la majorité des chaféites et des mâlikites, qui assimilent le silence à l’agrément. À cette fin, il faut toutefois que l’on ne sache pas que le silencieux désapprouve l’avis, et qu’il se soit écoulé un délai permettant d’en examiner le contenu après l’avoir entendu.
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C’est une preuve, mais non un consensus.
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Ce n’est ni une preuve ni un consensus… » Fin de citation.
Je dis : Al-Shawkânî, dans Irshâd al-Fuḥûl (p. 153-155), a recensé douze opinions sur cette question ; quant à ʿAbd al-ʿAzīz al-Bukhârî, il désigne ce consensus, dans Kashf al-Asrâr (3/228), sous le nom de « dispense ».