Parmi ceux qui se sont penchés sur cette question et y ont apporté un réel bénéfice — lui qui, à juste titre, maîtrise ces voies et ces nobles domaines — figure le cavalier des sciences transmises et rationnelles, l’imam, le modèle, le savant éminent, Shaykh al-Islâm Aḥmad ibn ʿAbd al-Ḥalīm Ibn Taymiyya al-Ḥarrānī, qu’Allah lui fasse miséricorde (m. 728 H).
Il composa, au début de sa vie, un premier manuel des rites, dans lequel il se contenta, pour les jugements, d’imiter ceux qui l’avaient précédé. Il a déclaré à ce propos, dans Iqtiḍāʾ aṣ-Ṣirāṭ al-Musta-qīm (2/339) :
« Un groupe d’auteurs spécialisés dans les manāsik a mentionné qu’il est recommandé de visiter les mosquées de La Mecque et de ses environs. J’avais moi-même rapporté cela dans un manuel que j’avais rédigé avant d’accomplir le ḥajj, au début de ma jeunesse, pour certains shaykhs, le compilant à partir des paroles des savants ; puis il nous est apparu que tout cela fait partie des innovations survenues, dépourvues de tout fondement dans la Sharīʿa » (1).
Par la suite, il écrivit un second manuel vers la fin de sa vie (2) — celui-là même que nous avons entre les mains — alors que l’instrument de l’ijtihād s’était pleinement épanoui en lui et qu’il avait atteint un degré élevé de science. Il y exposa, de manière concise et claire, ce qui lui était apparu comme étant la Sunna du Messager d’Allah — qu’Allah prie sur lui et le salue. Il ne s’y lia à aucune école juridique déterminée ; il y mentionna plutôt les avis qui lui paraissaient les plus probants, et, parfois, il cita les divergences sans trancher, si bien que ce manuel se présenta sous la plus belle parure et la forme la plus éclatante.
L’ouvrage fut imprimé jadis à la Maṭbaʿa al-ʿĀmira, en Égypte, en l’an 1323 H.