Cette hypothèse est encore renforcée par le fait que cet exemplaire devint la propriété de l’érudit ʿAbd al-Qâdir ibn Badrân. Il fut en effet inscrit sur la page de titre : « Cet exemplaire est entré en possession de celui qui implore Allah — Très-Haut — et Son pardon, ʿAbd al-Qâdir ibn Ahmad Badrân al-Dûmânî, al-Dimashqî, al-Hanbalî, le 20 Ramadan 1293 H. »
Ibn Badrân ajouta également des notes marginales à cet exemplaire. De sa main, elles sont tirées d’autres ouvrages de maîtres hanbalites tardifs, notamment du livre de l’auteur dont est issu le présent abrégé, Kâfî al-mubtadî, ainsi que de Nayl al-maʾârib, de Sharḥ al-ʿumda et d’autres ouvrages des maîtres de l’école. Tantôt Ibn Badrân signe l’annotation de son nom, tantôt il ne le mentionne pas ; toutefois, l’écriture des annotations, le type d’encre et le calame employés sont identiques.
Puisque cet exemplaire devint la propriété d’Ibn Badrân, il est fort probable que ce soit celui qu’il découvrit parmi les livres laissés par son grand-père, Ahmad ibn Muṣṭafâ, connu sous le nom d’al-Nuʿsânî (m. 1281 H). Il écrivit en effet dans l’introduction de ses notes marginales sur Akhsar al-mukhtasarât : « Parmi les livres qu’il avait laissés, je découvris un exemplaire d’Akhsar al-mukhtasarât, copié de la main de son auteur, l’éminent cheikh Muhammad al-Balbânî, savant rigoureux et versé dans de multiples disciplines » (1). C’est cet exemplaire qu’Ibn Badrân prit pour base lorsqu’il fit imprimer Akhsar al-mukhtasarât.