Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

Et Ibn al-Rûmî a dit (1) :
« Un cœur qui se penche sur ses pensées (2),
une main par laquelle les affaires se mènent,
et une âme dont le seul divertissement est la fatigue. »

Muslim rapporte dans son Ṣaḥîḥ (3) : « Yahyâ ibn Abî Kathîr a dit : “On n’acquiert pas la science dans la mollesse du corps.” »

Il ne fait aucun doute, pour tout esprit sensé, que la plénitude du repos est proportionnelle à la fatigue consentie, et que la perfection du bonheur est à la mesure des difficultés supportées pour l’atteindre. Le repos, la jouissance et la félicité purs n’appartiennent qu’à la Demeure de la Paix ; dans la demeure d’ici-bas, jamais – pas encore.

Par cette distinction, la controverse s’efface et la question redevient matière de consensus.

Section

Quant à la seconde question – celle d’un acte dont l’intérêt et le préjudice seraient à parts égales –, on a divergé sur son existence même et sur la manière de le juger : certains en ont affirmé l’existence, d’autres l’ont niée.

La réponse est que cette catégorie n’existe pas, bien que la classification logique puisse la faire apparaître. Plus précisément : soit sa réalisation est préférable pour l’agent, et l’intérêt l’emporte ; soit son abandon l’est, et c’est alors le préjudice qui prévaut.

Quant à un acte dont la réalisation serait préférable en raison de l’intérêt qu’il procure, tandis que son omission le serait en raison du préjudice qu’il entraîne,

(1) Les manuscrits donnent ce passage tel quel ; le copiste du ms. (T) y a ajouté : « qu’Allah, le Très-Haut, lui fasse miséricorde », ajout erroné. Le vers est de al-Buhturi, Diwân, t. 1, p. 172, et figure parmi ses plus beaux morceaux. (2) Ces pensées ne l’encerclent pas, car il les domine ; l’auteur décrit son indifférence aux épreuves qui engendrent des réflexions accaparantes. Voir : al-Mathal al-saʾir, t. 1, p. 79. (3) 612.
وقال ابنُ الرُّومي (١): قلبٌ يُطِلُّ على أفكاره (٢)، ويَدٌ ... تمضي الأمورَ، ونفسٌ لهوُها التَّعبُ وقال مسلمٌ في «صحيحه» (٣): «قال يحيى بن أبي كثير: لا يُنَالُ العلمُ براحة الجسم». ولا ريب عند كلِّ عاقلٍ أنَّ كمال الراحة بحسب التَّعب، وكمال النَّعيم بحسب تحمُّل المشاقِّ في طريقه، وإنما تخلُص الراحةُ واللذَّةُ والنَّعيمُ في دار السَّلام، فأمَّا في هذه الدَّار فكلَّا ولَمَّا. وبهذا التفصيل يزولُ النزاعُ في المسألة، وتعودُ مسألةَ وِفَاق. فصل وأمَّا المسألةُ الثَّانية، وهي ما تساوت مصلحتُه ومفسدتُه؛ فقد اختُلِفَ في وجوده وحكمه؛ فأثبتَ وجودَه قومٌ، ونفاهُ آخرون. والجواب: هذا القسمُ لا وجود له وإن حَصَرَه التقسيم، بل التفصيل: إمَّا أن يكون حصولُه أولى بالفاعل، وهو راجحُ المصلحة. وإمَّا أن يكون عدمُه أولى به، وهو راجحُ المفسدة. وأمَّا فعلٌ يكون حصولُه أولى به لمصلحته، وعدمُه أولى به لمفسدته،
(١) كذا في الأصول، وزاد ناسخ (ت): «رحمه الله تعالى»!. وهو وهم. والبيت للبحتري، في ديوانه (١/ ١٧٢). وهو من محاسنه. (٢) فهي لا تحيطُ به، وإنما هو عالٍ عليها. يصفُ قلة مبالاته بالخطوب التي تُحْدِثُ أفكارًا تستغرق القلوب. انظر: «المثل السائر» (١/ ٧٩). (٣) (٦١٢).

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