Ils ont poursuivi : « Allah – exalté soit-Il – a dit, au sujet des sorciers : “Ils apprennent ce qui leur nuit et ne leur est d’aucun profit” (Coran 2, 102). » Ce verset prouve qu’il s’agit d’un mal absolument pur, dépourvu de toute utilité :
– Premièrement, certains types de sorcellerie constituent un préjudice pur, sans aucun avantage : toute magie n’atteint pas l’objectif du magicien ; il en étudie cent procédés pour parvenir à ses fins par l’un d’eux, tandis que les quatre-vingt-dix-neuf autres ne sont qu’un tort intégral. Il en va de même pour le reste (1). Voilà qui relève de la catégorie du mal à l’état pur.
– Deuxièmement, l’utilité que le magicien pourrait en retirer est tellement noyée, consumée par rapport à l’immense corruption qu’elle contient qu’elle est comptée pour nulle ; la pratique tombe alors dans la catégorie où le mal prédomine.
Selon l’une ou l’autre hypothèse (2), tout ce qu’Allah ordonne renferme un bien qui l’emporte sur le fait de s’en abstenir, même si cela répugne aux âmes. Allah – exalté soit-Il – dit : « Le combat vous a été prescrit, alors qu’il vous répugne. Or il se peut que vous haïssiez une chose alors qu’elle est un bien pour vous, et il se peut que vous aimiez une chose alors qu’elle est un mal pour vous. Allah sait, et vous ne savez pas. » (Coran 2, 216). Il montre par là que le jihad auquel ils furent appelés, même s’il est pénible et détesté des cœurs, présente un intérêt prépondérant : il est meilleur pour eux, assure une issue plus louable et procure un avantage plus considérable que de rester en arrière et de préférer la survie et le confort ; le mal qu’il comporte est submergé par rapport au bien qu’il recèle.
Il en va de même pour tout ce qu’Allah a interdit : le mal qui y domine l’emporte, même si cela plaît aux âmes et flatte les passions ; son tort et sa corruption surpassent le profit qu’on y trouve, et ce profit