Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

Quant au premier aspect, les actes se répartissent ainsi : les uns renferment un intérêt pur, ou du moins prépondérant ; d’autres recèlent un préjudice pur, ou prépondérant ; d’autres enfin voient intérêt et préjudice s’équilibrer.

Nous avons donc cinq catégories. Or les législations révélées n’en traitent effectivement que quatre : celles dont l’intérêt est pur ou dominant, qu’elles prescrivent et encouragent ; et celles dont le préjudice est pur ou dominant, qu’elles interdisent et s’emploient à faire disparaître. Ainsi, elles s’attachent à réaliser l’intérêt pur ou prépondérant et à l’achever autant que possible, tout en supprimant, ou à défaut en réduisant, le préjudice pur ou prépondérant dans la mesure du possible. L’ensemble des prescriptions religieuses tourne autour de ces quatre catégories.

Les hommes ont ensuite divergé à propos de deux questions.

Première question : l’existence, ou non, d’un intérêt absolument pur et d’un préjudice absolument pur.
– Certains l’ont niée et ont déclaré que cela n’existe pas : « L’intérêt, disent-ils, c’est la félicité, le plaisir et ce qui y conduit ; le préjudice, c’est le tourment, la douleur et ce qui y conduit. »

Ils ajoutent : « Tout acte ordonné s’accompagne inévitablement d’une part d’effort réclamant patience devant quelque peine ; même s’il renferme joie, délice et allégresse, un désagrément subsiste. Mais, noyé qu’il est dans l’intérêt global, on n’en tient pas compte et l’on ne renonce pas à cet intérêt pour si peu. Abandonner un grand bien prépondérant à cause d’un mal mineur et vaincu serait, en réalité, un grand mal. »

Ils disent encore : « Quant au mal interdit, l’être humain ne le commet que parce qu’il recherche en lui tel avantage ou satisfaction ; c’est pour lui un intérêt immédiat. Lorsqu’il en est dissuadé et qu’il s’en abstient, cet intérêt et ce plaisir immédiats disparaissent, bien que le préjudice de l’acte soit immensément plus grand que son intérêt – son avantage étant en vérité tout à fait noyé face à son préjudice –, comme Allah, le Très-Haut, l’a affirmé au sujet du vin et du maysir (les jeux de hasard) : « Dis : “Il y a en eux un grave péché et, pour les gens, quelque profit, mais leur péché est plus grand que leur profit.” » (Coran 2 : 219).

أما المقام الأول، فالأعمال إما أن تشتمل على مصلحةٍ خالصةٍ، أو راجحة، وإما أن تشتمل على مفسدةٍ خالصةٍ، أو راجحة، وإما أن تستوي مصلحتُها ومفسدتها. فهذه أقسامٌ خمسة، منها أربعةٌ تأتي بها الشرائع، فتأتي بما مصلحتُه خالصةٌ أو راجحةٌ آمرةً به مقتضيةً له، وما مفسدتُه خالصةٌ أو راجحةٌ فحكمُها فيه النهيُ عنه وطلبُ إعدامه. فتأتي بتحصيل المصلحة الخالصة والراجحة وتكميلهما بحسب الإمكان، وتعطيل المفسدة الخالصة أو الراجحة أو تقليلهما بحسب الإمكان. فمدارُ الشرائع والدِّيانات على هذه الأقسام الأربعة. وتنازع النَّاسُ هنا في مسألتين: المسألة الأولى: في وجود المصلحة الخالصة والمفسدة الخالصة. * فمنهم من مَنَعَه، وقال: لا وجود له؛ قال: لأنَّ المصلحة هي النَّعيمُ واللذَّةُ وما يفضي إليه، والمفسدةُ هي العذابُ والألم وما يفضي إليه. قالوا: والمأمورُ به لا بدَّ أن يقترن به ما يحتاج معه إلى الصَّبر على نوعٍ من الألم، وإن كان فيه لذَّةٌ وسرورٌ وفرحٌ فلا بدَّ من وقوع أذى، لكن لما كان هذا مغمورًا بالمصلحة لم يُلتفَت إليه ولم تعطَّل المصلحةُ لأجله، فتركُ الخير الكثير الغالب لأجل الشرِّ القليل المغلوب شرٌّ كثير. قالوا: وكذلك الشرُّ المنهيُّ عنه إنما يفعلُه الإنسانُ لأنَّ له فيه غرضًا ووطرًا ما، وهذه مصلحةٌ عاجلةٌ له، فإذا نُهِي عنه وتركَه فاتت عليه مصلحتُه ولذَّتُه العاجلة وإن كانت مفسدتُه أعظمَ من مصلحته، بل مصلحتُه مغمورةٌ جدًّا في جنب مفسدته، كما قال تعالى في الخمر والميسر: ﴿قُلْ فِيهِمَا إِثْمٌ كَبِيرٌ وَمَنَافِعُ لِلنَّاسِ وَإِثْمُهُمَا أَكْبَرُ مِنْ نَفْعِهِمَا﴾ [البقرة: ٢١٩].

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