Il en ressort donc qu’il est fermement inscrit dans les intelligences et dans les natures innées que les actes se divisent, en eux-mêmes, en blâmables et en louables ; que les messagers invitent à ce qui est louable et proscrivent ce qui est blâmable ; et que cela constitue, pour eux, un signe de véracité et une preuve de leur mission. Pour les esprits dotés de clairvoyance et de raison, cette preuve l’emporte en noblesse et en valeur sur le simple phénomène de l’extraordinaire, même si les esprits faibles tirent des miracles un profit pour la foi plus grand que celui qu’ils retirent de l’appel même et de son contenu (1).
Les voies de la guidée sont donc multiples ; c’est une miséricorde d’Allah envers Ses serviteurs et une faveur à leur égard, car leurs intelligences, leurs compréhensions et leurs clairvoyances varient :
- Certains sont guidés par le simple contenu du message et par ce à quoi il appelle, sans exiger de lui une preuve extérieure (2) à cela ; tel fut le cas de l’élite (3) des Compagnons, au premier rang desquels Abû Bakr as-Siddîq — qu’Allah l’agrée.
- D’autres se laissent guider par la connaissance qu’ils ont de sa personne ﷺ, de la perfection morale, des qualités et des actes dont il était naturellement doté, et par leur certitude qu’Allah n’avilit pas celui qui réunit de telles vertus et de telles œuvres ; ils tiennent cela de leur science d’Allah et de leur connaissance de Lui, sachant qu’Il ne couvre pas d’ignominie un homme d’un tel rang.
C’est ainsi que la Mère des croyants Khadîjah — qu’Allah l’agrée — lui dit ﷺ : « Réjouis-toi ! Par Allah, jamais Allah ne te couvrira d’ignominie : tu entretiens les liens de parenté, tu dis la vérité, tu aides le faible, »