par la Révélation ; car le témoignage conjoint de la raison et de la révélation s’accorde sur Son unicité, sur Sa Loi, sur la véracité de Sa promesse et de Sa menace. Le Très-Haut a appelé Ses serviteurs, par la bouche de Ses messagers, à ce qu’Il a implanté dans les esprits comme étant bon et à l’entière adhésion à cette bonté ; la révélation est donc venue détailler, expliciter, confirmer et rappeler ce qui est inscrit dans les natures innées et dans les intelligences.
C’est pour cette raison qu’Héraclius interrogea Abû Sufyân, parmi les questions qu’il lui posa au sujet des preuves de la prophétie, sur ce que le Prophète ﷺ ordonnait. Il lui dit : « Que vous commande-t-il ? » — « Il nous ordonne la prière, la véracité et la chasteté », répondit-il (1). Ainsi, Héraclius considéra que ce que le Prophète ordonne fait partie des signes de sa mission ; car le plus menteur et le plus dépravé des hommes serait celui qui prétend à la prophétie en mentant contre Allah. Un tel imposteur n’enjoindrait que ce qui sied à son mensonge, à sa débauche et à son affabulation ; son appel serait à son image. Quant au véridique, le loyal — le plus véridique et le plus vertueux des créatures — son appel ne peut être qu’absolument parfait, le plus noble, le plus élevé et le plus grand ; les raisons saines et les dispositions naturelles attestent de sa beauté et de la sincérité de celui qui le porte.
Si toutes les actions étaient, dans la réalité, équivalentes, il n’existerait aucun critère permettant de distinguer ce qu’il est permis à l’envoyé de préconiser de ce qu’il ne lui est pas permis de prôner, puisque la norme sociale [et son contraire] (2) n’est connue que par l’appel lui-même, l’ordre et l’interdiction.
Il en va de même de la question que le Négus posa à Jaʿfar et à ses compagnons au sujet de l’appel du Messager (3).