Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

• Le Très-Haut a encore dit : « Ne connaissent-ils donc pas leur Messager, si bien qu’ils le renient ? Diront-ils : “Il est possédé !” ? Au contraire, il leur est venu avec la vérité, mais la plupart d’entre eux réprouvent la vérité. Et si la vérité s’était pliée à leurs passions, les cieux, la terre et ceux qui s’y trouvent auraient sombré dans la corruption. Pourtant, Nous leur avons apporté ce qui fait leur rappel, mais ils s’en détournent. » [Les Croyants : 69-71].

Par ces versets, Allah affirme que, si la Vérité avait suivi les caprices des hommes et si Sa Loi et Sa religion leur étaient parvenues conformes à leurs désirs, les cieux, la terre et tout ce qu’ils renferment auraient été détruits.

Or, pour les négateurs, il serait concevable que la Loi d’Allah coïncide avec les passions humaines ; à leurs yeux, il n’existe, en réalité, aucune différence entre ce qu’énonce la Révélation et ce qu’exigent leurs désirs, hormis le simple fait de l’ordre divin. Si la Révélation avait épousé leurs caprices, cela leur paraîtrait recevable et constituerait, selon eux, un culte et une religion. Cette prétention contredit explicitement le Coran : il est impossible que la Vérité se soumette à leurs passions. Celles-ci recèlent en effet une laideur extrême ; si la sharîʿa les avait entérinées, l’univers — dans ses sphères supérieures, inférieures et intermédiaires — aurait été corrompu.

Il est manifeste que cette corruption ne résulte que de la laideur de tout ce qui contredit ce qu’Allah a légiféré et ordonné, et de son opposition à l’intérêt de l’univers, d’en haut comme d’en bas. La ruine et la dégradation du monde sont inséparables de l’apparition ou de la promulgation de semblables pratiques. La perfection de la sagesse, de la science, de la miséricorde et de la seigneurie d’Allah l’exclut et l’interdit (1). Quant à celui qui affirme que, dans la réalité, tout se vaut, il admet la possibilité que l’on soit astreint à tout type d’acte cultuel, qu’il corresponde (2) ou non aux passions humaines.

• De même, Il dit : « S’il y avait dans les deux [cieux et terre] d’autres divinités qu’Allah, elles auraient sombré dans la ruine ; pureté à Allah, Seigneur du Trône, bien au-dessus de ce qu’ils décrivent ! » [Les Prophètes : 22]. Autrement dit, s’il existait dans les cieux et sur la terre des divinités adorées en dehors d’Allah, les deux seraient frappés de nullité et de corruption. Il n’a pas dit « seigneurs », mais bien « divinités » ; or l’ilâh est celui que l’on adore.

(1) Les manuscrits T et Q portent : « refuse cela et l’en empêche ». (2) Les manuscrits Q et T portent : « exige ». La première lettre est omise dans D. La leçon adoptée est la plus solide.
* وقال تعالى: ﴿أَمْ لَمْ يَعْرِفُوا رَسُولَهُمْ فَهُمْ لَهُ مُنْكِرُونَ (٦٩) أَمْ يَقُولُونَ بِهِ جِنَّةٌ بَلْ جَاءَهُمْ بِالْحَقِّ وَأَكْثَرُهُمْ لِلْحَقِّ كَارِهُونَ (٧٠) وَلَوِ اتَّبَعَ الْحَقُّ أَهْوَاءَهُمْ لَفَسَدَتِ السَّمَاوَاتُ وَالْأَرْضُ وَمَنْ فِيهِنَّ بَلْ أَتَيْنَاهُمْ بِذِكْرِهِمْ فَهُمْ عَنْ ذِكْرِهِمْ مُعْرِضُونَ﴾ [المؤمنون: ٦٩ - ٧١]، فأخبَر سبحانه أنَّ الحقَّ لو اتَّبع أهواء العباد فجاء شرعُ الله ودينُه بأهوائهم لفسدت السَّمواتُ والأرض ومن فيهنَّ. ومعلومٌ أنَّ عند النُّفاة يجوزُ أن يَرِد شرعُ الله ودينُه بأهواء العباد، وأنه لا فرق في نفس الأمر بين ما وَرَد به وبين ما تقتضيه أهواؤهم إلا مجرَّدُ الأمر، وأنه لو وَرَد بأهوائهم جاز وكان تعبُّدًا ودينًا. وهذه مخالفةٌ صريحةٌ للقرآن، وأنه من المحال أن يتَّبع الحقُّ أهواءهم، وأنَّ أهواءهم مشتملةٌ على قُبحٍ عظيمٍ لو وَرَد الشرعُ به لفَسَد العالَمُ أعلاه وأسفلُه وما بين ذلك. ومعلومٌ أنَّ هذا الفساد إنما يكونُ لقُبح خلاف ما شرعه الله وأمر به، ومنافاته لصلاح العالم عُلوِيِّه وسُفلِيِّه، وأنَّ خرابَ العالم وفساده لازمٌ لحصوله ولشرعه، وأنَّ كمال حكمة الله وكمال علمه ورحمته وربوبيَّته يأبى ذلك ويمنعُ منه (١)، ومن يقول: الجميعُ في نفس الأمر سواء، يجوِّزُ ورودَ التعبُّد بكلِّ شيء، سواء كان مقتضى (٢) أهوائهم أو خلافها. * ومثلُ هذا قولُه تعالى: ﴿لَوْ كَانَ فِيهِمَا آلِهَةٌ إِلَّا اللَّهُ لَفَسَدَتَا فَسُبْحَانَ اللَّهِ رَبِّ الْعَرْشِ عَمَّا يَصِفُونَ﴾ [الأنبياء: ٢٢]، أي: لو كان في السَّموات والأرض آلهةٌ تُعْبَدُ غيرُ الله لفسَدتا وبَطَلتا، ولم يقل: أربابٌ، بل قال: آلهة؛ والإلهُ هو المعبودُ
(١) (ت، ق): «تأبى ذلك وتمنع منه». (٢) (ق، ت): «يقتضي». والحرف الأول مهمل في (د). والمثبت أقوم.

Entreprise

  • À propos
  • Tarifs
  • Pourquoi traduire ?

Support

  • Contactez-nous
  • Signaler un bug
  • Nous soutenir
  • Faire un don
  • Arène de combat IA

Suivez-nous

© 2026 Kutub. Tous droits réservés.
Conditions d'utilisationPolitique de confidentialitéCookies