Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

• Et Il a dit : « C’est à cause de l’injustice des Juifs que Nous leur avons interdit des nourritures excellentes qui auparavant leur étaient licites. » [An-Nisâ’ : 160]. Qu’y a-t-il de plus explicite que cette parole (1) ? Allah y annonce qu’Il leur a interdit ces choses alors qu’elles sont, en elles-mêmes, bonnes et pures ; si leur bonté ne constituait pas une qualité intrinsèque indépendante de l’ordre divin, Il n’aurait pas pu associer dans un même verdict la bonté et l’interdiction.

Allah a encore fait savoir qu’Il leur avait défendu des biens licites à titre de sanction ; il s’agit donc d’une interdiction punitive, tandis que l’interdiction édictée pour cette communauté est une interdiction de sauvegarde et de protection. Pour les négateurs, toutefois, il n’existe aucune différence entre les deux : tout serait sur le même plan.

Ainsi Allah, glorifié soit-Il (2), n’a prescrit à Ses serviteurs que par miséricorde, bienfaisance et grâce envers eux, car leur rectitude – dans leur vie d’ici-bas, dans leur corps, dans leurs situations, tout comme dans l’au-delà et leur destinée finale – dépend uniquement de l’accomplissement de ce qu’Il leur ordonne. Son commandement tient donc lieu, pour eux, de nourriture sans laquelle le corps ne peut subsister ; il est même plus indispensable encore, et n’est nullement une simple charge ou une épreuve, comme beaucoup le croient. De même, Il leur a interdit ce qu’Il leur a interdit par souci de les préserver et de les protéger (3) ; leur santé ne peut se maintenir ni se conserver sans cette hygiène spirituelle.

Il ne les a pas mandés par besoin d’eux – Il est le Riche, le Digne de louange – ni ne leur a défendu ce qu’Il a défendu par avarice – Il est le Généreux, le Magnanime. Son ordre et Son interdiction constituent, en réalité, l’essence même de leur part de bonheur, ici-bas et dans l’au-delà. La source de Ses injonctions et de Ses prohibitions réside dans Sa miséricorde infinie, Sa bonté, Sa largesse, Sa bienveillance et Sa munificence. C’est pourquoi Il n’est point interrogé sur ce qu’Il fait : Sa sagesse et Sa science sont parfaites, et tous Ses actes se réalisent selon l’intérêt, la miséricorde et la sagesse.

(1) Le manuscrit T lit : « plus explicite que cette parole ». (2) Les manuscrits Q et D portent : « car Lui, exalté soit-Il ». (3) Le manuscrit T donne : « et une protection » ; Ibn Bardas, dans le manuscrit D, a vocalisé le yâ avec shadda.
* وقال تعالى: ﴿فَبِظُلْمٍ مِنَ الَّذِينَ هَادُوا حَرَّمْنَا عَلَيْهِمْ طَيِّبَاتٍ أُحِلَّتْ لَهُمْ﴾ [النساء: ١٦٠]، فأيُّ شيءٍ أصرحُ من هذا (١)؟! حيثُ أخبَر سبحانه أنه حرَّمه عليهم مع كونه طيِّبًا في نفسه، فلولا أنَّ طِيبَه أمرٌ ثابتٌ له بدون الأمر لم يكن ليجمع الطِّيبَ والتَّحريم. وقد أخبَر تعالى أنه حرَّم عليهم طيِّباتٍ كانت حلالًا عقوبةً لهم، فهذا تحريمُ عقوبة، بخلاف التَّحريم على هذه الأمَّة فإنه تحريمُ صيانةٍ وحماية، ولا فرق عند النُّفاة بين الأمرين، بل الكلُّ سواء. فالله سبحانه (٢) أمر عبادَه بما أمرهم به رحمةً منه وإحسانًا وإنعامًا عليهم، لأنَّ صلاحهم في معاشهم وأبدانهم وأحوالهم وفي معادهم ومآلهم إنما هو بفعلِ ما أُمِروا به، وهو في ذلك بمنزلة الغذاء الذي لا قِوام للبدن إلا به، بل أعظم، ليس مجرَّد تكليفٍ وابتلاءٍ كما يظنُّه كثيرٌ من النَّاس، ونهاهم عما نهاهم عنه صيانةً وحِمْيةً (٣) لهم، إذ لا بقاء لصحَّتهم ولا حِفظ لها إلا بهذه الحِمْية. فلم يأمرهم حاجةً منه إليهم وهو الغنيُّ الحميد، ولا حرَّم عليهم ما حرَّم بخلًا منه عليهم وهو الجوادُ الكريم، بل أمرُه ونهيه عينُ حظِّهم وسعادتهم العاجلة والآجلة، ومَصْدَرُ أمره ونهيه رحمتُه الواسعة وبرُّه وجودُه وإحسانُه وإنعامُه، فلا يُسألُ عمَّا يفعل؛ لكمال حكمته وعلمه ووقوع أفعاله على وَفْق المصلحة والرحمة والحكمة.
(١) (ت): «أصرح من هذا القول». (٢) (ق، د): «فإنه سبحانه». (٣) (ت): «وحماية». وضبطها ابن بردس في (د) بتشديد الياء!

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