il existe, dans la réalité même, une justice intrinsèque ; et qu’Allah, gloire à Lui, a fait descendre Son Livre ainsi que la Balance — c’est-à-dire l’équité — afin que les hommes se conforment à cette justice (1) même en vue de laquelle le Livre et la Balance ont été révélés.
Il apparaît donc clairement qu’il existe, dans la réalité des choses, un équitable et un juste authentiquement beaux, que leur contrariété est laide, et que le Livre comme la Balance ont été révélés pour cela. Celui qui nie la distinction entre le bien et le mal prétend, lui, qu’il n’y a, en soi, rien de juste ni de beau et que l’acte n’est devenu équitable et juste qu’en vertu du seul commandement. Pour notre part, nous ne contestons pas que l’injonction divine ajoute à l’acte une parure supplémentaire de beauté et de justice, s’ajoutant à la beauté et à la justice qu’il possède par nature : l’acte est, en lui-même, équité et bien, et le commandement l’en revêt d’une beauté nouvelle qui en démultiplie le caractère juste et louable ; ces deux considérations se trouvent donc réunies.
C’est dans ce sens que s’inscrit aussi la parole du Très-Haut : « Lorsqu’ils commettent une turpitude, ils disent : “Nous avons trouvé nos pères la commettant, et Allah nous l’a ordonnée.” Dis : “Allah ne commande pas la turpitude. Direz-vous contre Allah ce que vous ne savez pas ?” » [Al-Aʿrâf : 28]. Sa parole : « Dis : Allah ne commande pas la turpitude » prouve que celle-ci est, en elle-même, une turpitude, qu’Allah ne commande rien de tel et qu’Il s’en transcende et s’en sanctifie. Si son caractère de turpitude n’était connu que par la seule interdiction, ce serait comme dire : « Allah ne commande pas ce qu’Il interdit » — assertion que tout esprit sensé juge absurde ; que dire alors de la Parole du Seigneur des mondes !
Puis Il — exalté soit-Il — a renforcé cette négation en disant : « Dis : Mon Seigneur a ordonné l’équité ; et orientez vos visages à chaque mosquée ; et invoquez-Le en Lui vouant exclusivement la religion » [Al-Aʿrâf : 29]. Il informe ainsi qu’Il se tient bien au-dessus de commander la turpitude ; au contraire, tous Ses ordres sont approuvés par la raison, agréés par la nature primordiale : Il a ordonné l’équité, non l’injustice ; le fait de tourner vos visages vers Lui dans Ses mosquées, non vers un autre ; et le fait de L’invoquer, Lui seul, en Lui vouant la religion, non le polythéisme. Telle est la réalité de Ses commandements — qu’Il soit exalté — et non la turpitude.