et de L’adorer, tandis que l’adoration de tout autre que Lui est intrinsèquement odieuse. Il ne les a pas confondus par la seule autorité de l’injonction divine, mais par la reconnaissance qu’Il a implantée dans leur propre raison. Le Coran abonde en passages de cette nature ; quiconque le parcourt attentivement le constatera.
- Le Très-Haut a dit : « Ton Seigneur a décrété que vous n’adoriez que Lui » [Al-Isrâʾ : 23]. Il y affirme l’unicité (tawḥîd), rappelle les interdits qu’Il leur a imposés et les prescriptions qu’Il leur a ordonnées, puis Il clôt ces versets par : « Tout cela est, auprès de ton Seigneur, un mal détesté » [Al-Isrâʾ : 38] ; autrement dit, transgresser ces ordres et commettre ces interdits est un acte mauvais et abhorré d’Allah.
Réfléchis à cette parole : « … est, auprès de ton Seigneur, un mal détesté. » Cela signifie qu’il s’agit d’un mal(1) réel en soi auprès d’Allah ; même si aucune obligation ne l’avait visé, il serait, par sa nature propre, un mal haï d’Allah. Son aversion – exalté soit-Il – résulte de la qualité intrinsèque de l’acte qui appelle Sa haine. Si sa laideur n’était que l’effet de l’interdiction, il ne serait pas pour autant réprouvé par Allah ; car, pour ceux-là, « détestation » ne signifie rien d’autre que le statut d’acte interdit. Les mots : « Tout cela est, auprès de ton Seigneur, un mal détesté » reviendraient alors à dire : « Tout cela est interdit par ton Seigneur ! » – ce qui, manifestement, n’est pas le sens du verset.
De plus, lorsque ces actes se réalisent, les négateurs de l’existence même du bien et du mal soutiennent qu’ils sont aimés et agréés d’Allah, puisqu’ils se produisent par Sa volonté, laquelle, selon eux, est identique à Son amour. Or le Coran affirme explicitement que tout cela est vil auprès d’Allah, détesté et abhorré de Lui, qu’il se produise ou non. Le Très-Haut a fait de cette aversion et de cette laideur la raison de Son interdiction ; Il les a donc érigées en cause et en sagesse du commandement. Médite-le : la cause n’est pas l’effet.
- Il – exalté soit-Il – dit encore : « Nous avons certes envoyé Nos messagers avec des preuves éclatantes, et Nous avons fait descendre avec eux le Livre et la Balance afin que les gens établissent la justice » [Al-Hadîd : 25]. Cela indique que, dans la réalité même