d’un quelconque mal, leur intercession ne me serait d’aucun secours et ils ne pourraient me sauver. (23) Je serais alors, certes, dans un égarement manifeste.» [Yâ-Sîn : 23-24]
Ne vois-tu donc pas qu’il ne s’est pas contenté d’invoquer le seul commandement divin, mais qu’il a argumenté par la raison saine et par l’exigence même de la nature primordiale (fitra) ?
- De même, Sa parole — exalté soit-Il — : «Ô hommes ! Il vous est proposé un exemple : écoutez-le donc. Ceux que vous invoquez en dehors d’Allah ne sauraient créer une mouche, même s’ils s’unissaient tous pour y parvenir ; et si la mouche leur dérobait quelque chose, ils seraient incapables de le lui reprendre. Faible est le demandeur et ce qui est demandé. (73) Ils n’ont pas estimé Allah à Sa juste valeur. Allah est, certes, le Fort, le Tout-Puissant.» [Al-Hajj : 73-74]
Par cette parabole, le Très-Haut fait appel à leur propre entendement pour leur montrer la laideur d’adorer un autre que Lui. La répugnance d’un tel acte est inscrite, de manière immuable, dans toute intelligence, quand bien même la révélation ne l’aurait pas explicitement mentionnée.
Y a-t-il, pour la raison, chose plus détestable et plus ignoble que d’adorer des êtres qui, même réunis tous ensemble, ne pourraient créer ne serait-ce qu’une seule mouche, et qui, si la mouche leur subtilisait quelque chose, seraient incapables de se défendre et de récupérer ce qu’elle leur a pris, tandis que l’on délaisse l’adoration du Créateur, du Savant, du Tout-Puissant, «nul n’est semblable à Lui» ?
Ne vois-tu donc pas comment Il les a confondus en s’appuyant sur ce qu’Il a implanté dans les esprits : la beauté de L’adorer, Lui seul, et la laideur d’adorer quiconque autre que Lui ?
- Il — exalté soit-Il — a encore dit : «Allah propose la parabole d’un homme partagé entre plusieurs maîtres querelleurs et d’un homme entièrement soumis à un seul maître ; les deux situations sont-elles comparables ?» [Az-Zumar : 29] ; parabole que le Très-Haut donne pour celui qui L’adore exclusivement et se voue à Lui seul, et pour celui qui adore à côté de Lui des divinités multiples, partenaires rivaux et exigeants. Les deux cas peuvent-ils, dans la raison, être mis sur le même plan ?
Le Très-Haut a multiplié et diversifié de telles paraboles, s’appuyant sur elles pour établir la noblesse de Le remercier.