Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

– La première est qu’une telle formulation priverait le propos de toute utilité ;
– la seconde, qu’elle reviendrait à motiver l’interdiction par l’interdiction elle-même.

• Dans le même esprit, le Très-Haut dit : « Et si un malheur les atteignait du fait de ce que leurs mains ont commis, ils diraient : “Seigneur, pourquoi ne nous as-Tu pas envoyé un messager ? Nous aurions alors suivi Tes signes et serions comptés parmi les croyants.” » (al-Qaṣaṣ : 47).

Le Très-Haut explique ainsi que ce que leurs mains avaient accompli avant la mission prophétique constituait la cause du malheur qui devait les frapper ; or, s’Il les avait effectivement châtiés comme ils le méritaient, ils Lui auraient objecté qu’aucun messager ne leur avait été dépêché et qu’aucun Livre ne leur avait été révélé. Il a donc levé cet argument en envoyant le messager et en faisant descendre le Livre, « afin que les hommes n’aient plus, après les messagers, d’argument à opposer à Allah ».

Cela démontre clairement que leurs actes antérieurs à la mission étaient blâmables au point qu’ils méritaient d’être frappés (1) par le malheur, mais qu’Il – exalté soit-Il – ne châtie (2) qu’après l’envoi des messagers.

Telle est la conclusion décisive, l’énoncé exact de ce principe majeur : la laideur appartient en propre à l’acte, et Allah ne punit pour elle qu’après l’établissement de la preuve par la Révélation.

C’est précisément cette subtilité (3) qui a échappé aussi bien aux Muʿtazilites qu’aux Kullâbites : chacune de ces deux écoles a pris l’ascendant sur l’autre faute d’avoir su concilier ces deux données. Les Kullâbites ont réfuté les Muʿtazilites en soutenant l’existence du châtiment avant l’envoi des messagers et en fondant la sanction sur le seul blâme rationnel – et, sur ce point, ils les ont bel et bien confondus. Quant aux Muʿtazilites,

(1) Les manuscrits de base portent «yusibu» ; la leçon adoptée ici semble toutefois plus pertinente. Voir : Shifa al-‘Alil, p. 462. (2) Cf. Madarij as-Salikin, t. 1, p. 232 ; t. 3, p. 489. (3) Ms. Q : «qamat bayna» ; ms. T : «qamat».
أحدهما: أنه يتضمَّنُ إخلاءَ الكلام من الفائدة. والثَّاني: أنه تعليلٌ للنهي بالنهي. * ومن ذلك قولُه تعالى: ﴿وَلَوْلَا أَنْ تُصِيبَهُمْ مُصِيبَةٌ بِمَا قَدَّمَتْ أَيْدِيهِمْ فَيَقُولُوا رَبَّنَا لَوْلَا أَرْسَلْتَ إِلَيْنَا رَسُولًا فَنَتَّبِعَ آيَاتِكَ وَنَكُونَ مِنَ الْمُؤْمِنِينَ﴾ [القصص: ٤٧]، فأخبَر تعالى أنَّ ما قدَّمت أيديهم قبل البعثة سببٌ لإصابتهم بالمصيبة، وأنه سبحانه لو أصابهم بما يستحقُّون من ذلك لاحتجُّوا عليه بأنه لم يُرسِل إليهم رسولًا، ولم ينزِّل عليهم كتابًا، فقَطَعَ هذه الحجَّة بإرسال الرسول، وإنزال الكتاب، لئلَّا يكون للنَّاس على الله حجَّةٌ بعد الرُّسل. وهذا صريحٌ في أنَّ أعمالهم قبل البعثة كانت قبيحةً بحيث استحقُّوا أن يصابوا (١) بها المصيبةَ، ولكنه سبحانه لا يعذِّبُ إلا بعد إرسال الرُّسل (٢). وهذا هو فصلُ الخطاب وتحقيقُ القول في هذا الأصل العظيم: أنَّ القُبْحَ ثابتٌ للفعل في نفسه، وأنه لا يعذِّبُ اللهُ عليه إلا بعد إقامة الحجَّة بالرِّسالة. وهذه النُّكتة هي التي فاتت (٣) المعتزلةَ والكُلَّابية كليهما، فاستطالت كلُّ طائفةٍ منهما على الأخرى؛ لعدم جمعها بين هذين الأمرين، فاستطالت الكُلَّابيةُ على المعتزلة بإثباتهم العذابَ قبل إرسال الرُّسل، وترتيبهم العقابَ على مجرَّد القُبْح العقلي، وأحسنوا في ردِّ ذلك عليهم، واستطالت المعتزلةُ
(١) في الأصول: «يصيبوا». والمثبت أشبه. وانظر: «شفاء العليل» (٤٦٢). (٢) انظر: «مدارج السالكين» (١/ ٢٣٢، ٣/ ٤٨٩). (٣) (ق): «قامت بين». (ت): «قامت».

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