Réfléchis donc avec soin à cette question : elle t’ouvrira les secrets de la Loi révélée, te fera contempler ses beautés, sa perfection, son éclat et sa majesté. Il est, en effet, inconcevable – au regard de la sagesse du Plus Sage des juges – qu’elle eût pu se présenter autrement qu’elle ne l’a fait, et Allah, exalté soit-Il, est au-dessus d’une telle éventualité comme Il est au-dessus de tout ce qui ne Lui convient pas.
• Parmi les textes qui l’attestent, il y a cette parole du Très-Haut : « Dis : “Mon Seigneur n’a interdit que les turpitudes, qu’elles soient apparentes ou cachées, le péché, l’injustice sans droit, le fait d’associer à Allah ce à quoi Il n’a accordé aucune preuve, et de dire au sujet d’Allah ce que vous ne savez pas.” » (al-Aʿrâf : 33). Ce verset montre clairement que ces actes sont, par essence, des turpitudes que la raison ne saurait approuver. Le Très-Haut a donc rattaché (1) leur interdiction à leur propre laideur ; car, lorsque le jugement est fondé sur un qualificatif pertinent tiré de l’acte, cela indique que ce qualificatif en est la cause déterminante. Tel est l’argument valable pour tous les versets rappelés précédemment : Il les a proscrits parce qu’ils sont des turpitudes, Il a interdit le mauvais parce qu’il est mauvais et Il a ordonné le convenable parce qu’il est convenable. Or la cause doit nécessairement être distincte de l’effet ; si le fait d’être une turpitude se confondait avec le fait d’être proscrit, ou le fait d’être mauvais avec le fait d’être illicite, la cause se confondrait avec l’effet : chose impossible – médite-le bien. De même, l’interdiction du péché et de l’oppression prouve que ces qualificatifs leur appartenaient déjà avant l’interdiction.
• Dans le même sens, Il dit : « Ne vous approchez pas de la fornication ; c’est une turpitude et quel mauvais chemin ! » (al-Isrâʾ : 32). Dans les deux passages, l’interdiction est motivée par le fait que l’acte visé est une turpitude ; or, si sa turpitude n’était due qu’à l’interdiction, ce serait expliquer la chose par elle-même : ce serait comme dire : « Ne vous approchez pas de la fornication, car elle vous dit : “N’approchez pas de moi” », ou : « …car elle est interdite ! » – ce qui est impossible pour deux raisons :