Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

Quant à celui qui s’engage dans cette voie fallacieuse, il lui devient impossible d’établir la validité de sa Prophétie à partir même de son appel et de la religion qu’il a portée. Or, il est évident que la religion qu’il a apportée et la foi à laquelle il a convié constituent l’une des plus grandes preuves de sa véracité et de son caractère prophétique. Celui qui refuse de reconnaître à cette religion des qualités réelles – qui en imposent la beauté et en font accepter le contenu aux intelligences – et, corrélativement, n’admet pas que l’opposé possède des traits réels qui en révèlent la laideur et suscitent la répulsion naturelle des esprits, se ferme à lui-même la porte de l’argument fondé sur l’appel en tant que tel, le cantonnant à n’être qu’un élément sur lequel il faudrait chercher des preuves extérieures.

Parmi les textes qui attestent la justesse de cette analyse figure la parole du Très-Haut : « Il leur rend licites les choses bonnes et leur interdit les choses mauvaises. » Cela prouve explicitement que ce qui est licite était déjà bon avant d’être déclaré licite, et que ce qui est mauvais était déjà mauvais avant d’être déclaré illicite ; la bonté de l’un et la laideur de l’autre ne tirent donc pas leur origine du seul acte de permissivité ou d’interdiction, et ce pour deux raisons :

  1. Il s’agit là d’un signe parmi les signes de sa Prophétie qu’Allah a opposé aux Gens du Livre, lorsqu’Il dit : « Ceux qui suivent l’Envoyé, le Prophète illettré, qu’ils trouvent mentionné chez eux dans la Torah et l’Évangile ; il leur ordonne le convenable, leur interdit le blâmable, leur rend licites les choses bonnes et leur interdit les choses mauvaises » (al-Aʿrâf : 157).
  2. Si le caractère bon ou mauvais (1) se tirait seulement de l’interdiction ou de la permission, il n’y aurait là aucune preuve ; ce serait comme dire : « Il leur rend licite ce qu’Il rend licite et Il leur interdit ce qu’Il leur interdit. » Une formule vide de sens, sans aucune utilité.

Il est donc établi qu’Il a rendu licite ce qui était déjà bon en soi avant la permission, puis, par l’acte même de le rendre licite, Il l’a revêtu d’une autre dimension de bonté ; ainsi, son caractère bon procède désormais de ces deux aspects réunis.

(1) Le manuscrit T lit : « le mauvais et le bon » ; les manuscrits D et Q portent : « le bon et le mauvais ».
ومن سلك ذلك المسلكَ الباطل لم يُمْكِنْه أن يستدلَّ على صحَّة نبوَّته بنفس دعوته ودينه، ومعلومٌ أنَّ نفسَ الدِّين الذي جاء به والملَّة التي دعا إليها مِنْ أعظم براهين صدقه وشواهد نبوَّته، ومن لم يُثْبِت لذلك صفاتٍ وجوديةً أوجَبَت حُسْنَه وقبول العقول له، ولضدِّه صفاتٍ أوجَبَت قُبْحَه ونفور العقول عنه= فقد سَدَّ على نفسه بابَ الاستدلال بنفس الدَّعوة، وجعلها مُسْتَدَلًّا عليه فقط. * ومما يدلُّ على صحَّة ذلك قولُه تعالى: ﴿وَيُحِلُّ لَهُمُ الطَّيِّبَاتِ وَيُحَرِّمُ عَلَيْهِمُ الْخَبَائِثَ﴾، فهذا صريحٌ في أنَّ الحلال كان طيِّبًا قبل حِلِّه، وأنَّ الخبيثَ كان خبيثًا قبل تحريمه، ولم يُسْتَفد طِيبُ هذا وخُبثُ هذا من نفس الحِلِّ والتَّحريم؛ لوجهين اثنين: أحدهما: أنَّ هذا عَلَمٌ من أعلام نبوَّته التي احتجَّ الله بها على أهل الكتاب، فقال: ﴿الَّذِينَ يَتَّبِعُونَ الرَّسُولَ النَّبِيَّ الْأُمِّيَّ الَّذِي يَجِدُونَهُ مَكْتُوبًا عِنْدَهُمْ فِي التَّوْرَاةِ وَالْإِنْجِيلِ يَأْمُرُهُمْ بِالْمَعْرُوفِ وَيَنْهَاهُمْ عَنِ الْمُنْكَرِ وَيُحِلُّ لَهُمُ الطَّيِّبَاتِ وَيُحَرِّمُ عَلَيْهِمُ الْخَبَائِثَ﴾ [الأعراف: ١٥٧]. فلو كان الطِّيبُ والخُبْثُ (١) إنما استُفِيد من التَّحريم والتَّحليل لم يكن في ذلك دليل، فإنه بمنزلة أن يقال: يُحِلُّ لهم ما يُحِلُّ، ويُحَرِّمُ عليهم ما يُحَرِّم. وهذا أيضًا باطل؛ فإنه لا فائدة فيه، وهو الوجه الثَّاني. فثبت أنه أحلَّ ما هو طيِّبٌ في نفسه قبل الحِلِّ، فكساهُ بإحلاله طِيبًا آخر، فصار منشأُ طِيبه من الوجهين معًا.
(١) (ت): «الخبيث والطيب». (د، ق): «الطيب والخبيث».

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