Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

que d’affirmer : « Il leur ordonne ce qu’Il leur ordonne et leur interdit ce qu’Il leur interdit » ?! Et pareille formule est d’une telle ineptie qu’on en préserverait (1) le moindre des gens sensés, à plus forte raison la Parole du Seigneur des mondes.

Le verset n’indique-t-il pas, au contraire, qu’Il leur a prescrit le bien que les intelligences reconnaissent et dont les natures saines attestent la beauté ? Il les a donc conviés à ce qui est, en soi, reconnu comme bon par toute raison saine (2) et Il leur a interdit ce qui est intrinsèquement réprouvé par les tempéraments et les esprits ; exposé à des intelligences intactes, ce mal suscite la plus vive condamnation, tandis que ce qu’Il ordonne, présenté aux mêmes esprits, reçoit l’accueil le plus favorable et témoigne de sa bonté.

Ainsi répondit ce Bédouin à qui l’on demandait : « Comment as-tu su qu’il est le Messager d’Allah ? » Il dit : « Il n’a jamais ordonné une chose que la raison souhaitât voir interdite, ni interdit une chose que la raison souhaitât voir ordonnée. » (3)

Ce Bédouin possède donc une connaissance d’Allah, de Sa religion et de Son Envoyé plus authentique que celle de ces théoriciens ; son intelligence (4) et sa nature ont reconnu la beauté de ce qu’il a prescrit et la laideur de ce qu’il a proscrit, au point que cela constituait pour lui un signe patent de sa prophétie et de la véracité de son message. Si le fait d’être « bien » ou « mal » se réduisait au commandement ou à l’interdiction purs et simples, il n’y aurait là aucun argument en soi ; il faudrait alors chercher la preuve ailleurs.

(1) (Ms. T) : «tanazzaha ʿan» («se préserve de»). (2) (Ms. T) : «kullu dhî ʿaql» («tout être doué de raison»). (3) Al-ʿAlâʾ b. al-Ḥaḍramî déclara au roi al-Mundhir b. Sâwâ, souverain de Bahreïn : «Voici le Prophète ﷺ illettré ; par Allah, aucun homme raisonnable ne pourrait souhaiter que ce qu’il a ordonné fût interdit, que ce qu’il a interdit fût ordonné, qu’il augmente sa clémence ou qu’il réduise son châtiment.» Voir : al-Rawḍ al-unuf, 4/391 ; al-Iktifâʾ, 2/316 ; al-Jawâb al-ṣaḥîḥ, 1/330. Le récit de l’envoi d’al-ʿAlâʾ à Bahreïn est par ailleurs bien attesté dans les recueils de sunna. (4) (Ms. T) : «dînahu wa ʿaqluhu» («sa religion et sa raison»).
على أن يقال: يأمرُهم بما يأمرُهم به، وينهاهم عمَّا ينهاهم عنه؟! وهذا كلامٌ يُنَزَّهُ عنه (١) آحادُ العقلاء فضلًا عن كلام ربِّ العالمين. وهل دلَّت الآيةُ إلا على أنه أمرهم بالمعروف الذي تَعْرِفُه العقول، وتُقِرُّ بحُسْنه الفطر، فأمَرَهم بما هو معروفٌ في نفسه عند كلِّ عقلٍ (٢) سليم، ونهاهم عمَّا هو منكرٌ في الطِّباع والعقول، بحيث إذا عُرِض على العقول السَّليمة أنكرته أشدَّ الإنكار، كما أنَّ ما أمَرَ به إذا عُرِض على العقل السَّليم قَبِله أعظمَ قبولٍ وشَهِد بحُسْنه. كما قال بعض الأعراب، وقد سئل: بم عرفتَ أنه رسولُ الله؟، فقال: ما أمَرَ بشيءٍ فقال العقلُ: ليته ينهى عنه، ولا نهى عن شيءٍ فقال العقلُ: ليته أمَرَ به (٣). فهذا الأعرابيُّ أعرفُ بالله ودينه ورسوله من هؤلاء، وقد أقرَّ عقلُه (٤) وفطرتُه بحُسْن ما أمَرَ به، وقُبْح ما نهى عنه، حتى كان في حقِّه من أعلام نبوَّته وشواهد رسالته، ولو كان جهةُ كونه معروفًا ومنكرًا هو الأمرَ المجرَّد لم يكن فيه دليل، بل كان يُطلَبُ له الدَّليلُ من غيره.
(١) (ت): «تنزه عن». (٢) (ت): «كل ذي عقل». (٣) قال العلاء بن الحضرمي ﵁ للمنذر بن ساوى ملك البحرين: «هذا هو النبي ﷺ الأميُّ الذي والله لا يستطيع ذو عقلٍ أن يقول: ليت ما أمر به نهى عنه، أو ما نهى عنه أمر به، أو ليته زاد في عفوه أو نقص من عقابه». انظر: «الروض الأنف» (٤/ ٣٩١)، و «الاكتفاء» للكلاعي (٢/ ٣١٦)، و «الجواب الصحيح» (١/ ٣٣٠). وأصلُ خبر بعث العلاء إلى البحرين مشهورٌ في دواوين السنَّة. (٤) (ت): «دينه وعقله».

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