que d’affirmer : « Il leur ordonne ce qu’Il leur ordonne et leur interdit ce qu’Il leur interdit » ?! Et pareille formule est d’une telle ineptie qu’on en préserverait (1) le moindre des gens sensés, à plus forte raison la Parole du Seigneur des mondes.
Le verset n’indique-t-il pas, au contraire, qu’Il leur a prescrit le bien que les intelligences reconnaissent et dont les natures saines attestent la beauté ? Il les a donc conviés à ce qui est, en soi, reconnu comme bon par toute raison saine (2) et Il leur a interdit ce qui est intrinsèquement réprouvé par les tempéraments et les esprits ; exposé à des intelligences intactes, ce mal suscite la plus vive condamnation, tandis que ce qu’Il ordonne, présenté aux mêmes esprits, reçoit l’accueil le plus favorable et témoigne de sa bonté.
Ainsi répondit ce Bédouin à qui l’on demandait : « Comment as-tu su qu’il est le Messager d’Allah ? » Il dit : « Il n’a jamais ordonné une chose que la raison souhaitât voir interdite, ni interdit une chose que la raison souhaitât voir ordonnée. » (3)
Ce Bédouin possède donc une connaissance d’Allah, de Sa religion et de Son Envoyé plus authentique que celle de ces théoriciens ; son intelligence (4) et sa nature ont reconnu la beauté de ce qu’il a prescrit et la laideur de ce qu’il a proscrit, au point que cela constituait pour lui un signe patent de sa prophétie et de la véracité de son message. Si le fait d’être « bien » ou « mal » se réduisait au commandement ou à l’interdiction purs et simples, il n’y aurait là aucun argument en soi ; il faudrait alors chercher la preuve ailleurs.