Quant au jihâd, quelle adoration pourrait lui être comparée ? Il est le pinacle et le sommet de tous les cultes, la pierre de touche qui sépare l’amant véritable du simple prétendant. L’amant a déjà offert sa vie et ses biens à son Seigneur et Dieu, cherchant Sa proximité en sacrifiant ce qu’il possède de plus cher ; il voudrait que pour chaque cheveu de sa tête il ait une autre existence qu’il pourrait consacrer à Son amour et à Sa satisfaction. Il souhaiterait être tué pour Lui, puis ressuscité, puis tué encore, puis ressuscité, puis tué de nouveau. Il se sacrifie pour le Bien-Aimé, Son serviteur et Son Messager, et son état d’âme dit en silence :
« Un amoureux passionné te rachète au prix de sa vie ; si seulement il possédait quelque chose de plus précieux que son âme, il te l’offrirait en rançon. » (1)
Ainsi a-t-il remis sa personne et ses biens à Celui qui les a achetés, sachant qu’on n’obtient la marchandise qu’en payant son prix : « Allah a certes acheté aux croyants leurs personnes et leurs biens en échange du Paradis : ils combattent dans le chemin d’Allah ; ils tuent et se font tuer » (At-Tawba, 9 : 111).
Or il est bien établi parmi les hommes que la marque d’un amour véritable consiste à offrir son âme et ses richesses pour complaire à l’aimé. Le Vrai Bien-Aimé, Celui qui seul mérite l’amour — et toute affection en dehors de la Sienne est vaine —, était donc le plus à même de prescrire à Ses serviteurs le jihâd, ultime moyen de se rapprocher de leur Dieu et Seigneur. Les sacrifices des communautés antérieures consistaient à immoler des bêtes ; le sacrifice de cette communauté est de présenter leurs propres personnes pour être immolées dans la voie d’Allah, leur Maître véritable.