ainsi l’a affirmé l’interprète du Coran, Ibn ʿAbbâs (1) : la Maison sacrée est l’axe du monde ; elle continuera de le soutenir tant qu’elle sera visitée par les pèlerins.
Le pèlerinage est la marque spécifique de la ḥanîfiyya et ce qui la fortifie (2), tandis que la prière est le secret contenu dans la parole du serviteur : « Il n’est de divinité qu’Allah. » De fait, le pèlerinage repose sur l’unicité pure et l’amour sans partage ; il constitue l’invitation que le Bien-Aimé adresse à Ses bien-aimés, les conviant dans Sa Maison, sur le lieu de Son honneur. C’est pourquoi, lorsqu’ils s’engagent dans ce culte, leur mot d’ordre est : « Labbayka Allâhumma labbayk », réponse d’un amoureux à l’appel de l’Aimé. Aussi la talbiya jouit-elle d’un grand prix auprès d’Allah ; plus le serviteur la répète, plus il est cher à son Seigneur et mieux accueilli. Il ne peut s’empêcher de clamer : « Labbayka Allâhumma labbayk » (3) jusqu’à ce que le souffle lui manque.
Quant aux secrets que recèle ce culte – l’état d’iḥrâm (sacralisation), l’abandon des habitudes, la tête découverte, le fait de quitter les vêtements usuels, la circumambulation, la station à ʿArafât, le lancer des cailloux et l’ensemble des rites du pèlerinage –, les intelligences saines et les natures droites en reconnaissent toutes la beauté et attestent qu’il n’est pas de sagesse supérieure à celle de Celui qui les a prescrits. Nous y reviendrons, si Allah le veut, en leur lieu propre (4).