Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

ni quant à sa beauté et à l’avantage qu’il procure, ni quant au fait que Celui qui l’a prescrit est le plus Sage des juges.

Il est d’ailleurs absolument inconcevable, pour la raison comme pour la nature primordiale, qu’une législation émanant du Sage, de l’Omniscient (1), ordonne jamais le contraire.

Quant au jeûne, quel acte d’adoration ! Il refrène l’âme dans ses désirs et la fait passer de la ressemblance avec les bêtes à celle des anges rapprochés. En effet, lorsque l’âme est livrée à elle-même et aux sollicitations de ses passions, elle rejoint le monde animal ; mais lorsqu’elle retient ses convoitises pour Allah, elle resserre les voies d’accès du diable et se rapproche du Seigneur en abandonnant ses habitudes (2) et ses appétits, par amour pour Lui, par préférence pour Son agrément et pour se rapprocher de Lui. Ainsi, le jeûneur délaisse pour son Seigneur les choses qu’il chérit le plus et qui lui sont le plus attachées – nourriture, boisson et rapports conjugaux. Il s’agit donc d’un culte dont la réalité ne peut être comprise (3) qu’à travers l’abandon de la passion pour Allah : le jeûneur renonce à sa nourriture, à sa boisson et à ses désirs pour son Seigneur.

C’est là le sens de l’énoncé : « Le jeûne est à Moi », et c’est ainsi que le Prophète — paix et bénédictions sur lui — a expliqué cette attribution dans le hadith : « Allah, le Très-Haut, dit : “Toute action du fils d’Adam est multipliée ; la bonne action vaut dix fois son pareil.” Allah dit : “Sauf le jeûne ; il est à Moi et c’est Moi qui en accorde la récompense : il délaisse sa nourriture et sa boisson pour Moi.” » (4)

À tel point que le jeûneur en vient à ressembler à quelqu’un qui n’a dans ce monde d’autre besoin que de rechercher la satisfaction d’Allah (5).

(1) Le manuscrit T lit : « al-Hakim al-ʿAzim » (« le Sage, le Sublime »). (2) Le manuscrit Q porte : « tatruku ʿâdatahâ » (« elle cesse d’avoir ses règles »), la première lettre étant omise dans D. (3) Les manuscrits Q et D lisent : « wa-lâ tatasawwar ḥaqîqatuhâ » (« et l’on ne peut en concevoir la réalité »). (4) Ḥadith rapporté par al-Bukhari, nº 1894, et Muslim, nº 1151, d’après Abou Hourayra. (5) Maḥâsin al-sharîʿa, p. 22.
حُسْنه ومصلحته، وأنَّ الآمرَ به أحكمُ الحاكمين. وليس يجوزُ في العقل ولا في الفطرة البتَّة أن تَرِد شريعةٌ من الحكيم العليم (١) بضدِّ ذلك أبدًا. * وأمَّا الصَّوم، فناهيك به مِنْ عبادةٍ تَكُفُّ النَّفس عن شهواتها، وتخرجُها عن شَبَه البهائم إلى شَبَه الملائكة المقرَّبين، فإنَّ النَّفس إذا خُلِّيَت ودواعي شهواتها التحقَت بعالم البهائم، فإذا كفَّت شهواتها لله ضيَّقَت مجاري الشيطان، وصارت قريبةً من الله بترك عاداتها (٢) وشهواتها؛ محبةً له، وإيثارًا لمرضاته، وتقرُّبًا إليه، فيدعُ الصَّائمُ أحبَّ الأشياء إليه وأعظمها لصوقًا بنفسه من الطَّعام والشراب والجِماع من أجل ربِّه، فهو عبادةٌ لا تُتصَوَّرُ (٣) حقيقتُها إلا بترك الشَّهوة لله، فالصَّائمُ يدعُ طعامَه وشرابه وشهواته من أجل ربِّه. وهذا معنى كون الصَّوم له ﵎، وبهذا فسَّر النبيُّ ﷺ هذه الإضافة في الحديث، فقال: «يقولُ الله تعالى: كلُّ عمل ابن آدم يضاعف الحسنةُ بعشرة أمثالها، قال الله: إلا الصَّوم؛ فإنه لي وأنا أجزي به، يدعُ طعامَه وشرابه من أجلي» (٤)، حتى إنَّ الصَّائم ليتصوَّرُ بصورة من لا حاجة له في الدُّنيا إلا في تحصيل رضا الله (٥).
(١) (ت): «الحكيم العظيم». (٢) (ق): «تترك عادتها». والحرف الأول مهمل في (د). (٣) (ق، د): «ولا تتصور حقيقتها». (٤) أخرجه البخاري (١٨٩٤)، ومسلم (١١٥١) من حديث أبي هريرة. (٥) «محاسن الشريعة» (٢٢).

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