ni quant à sa beauté et à l’avantage qu’il procure, ni quant au fait que Celui qui l’a prescrit est le plus Sage des juges.
Il est d’ailleurs absolument inconcevable, pour la raison comme pour la nature primordiale, qu’une législation émanant du Sage, de l’Omniscient (1), ordonne jamais le contraire.
Quant au jeûne, quel acte d’adoration ! Il refrène l’âme dans ses désirs et la fait passer de la ressemblance avec les bêtes à celle des anges rapprochés. En effet, lorsque l’âme est livrée à elle-même et aux sollicitations de ses passions, elle rejoint le monde animal ; mais lorsqu’elle retient ses convoitises pour Allah, elle resserre les voies d’accès du diable et se rapproche du Seigneur en abandonnant ses habitudes (2) et ses appétits, par amour pour Lui, par préférence pour Son agrément et pour se rapprocher de Lui. Ainsi, le jeûneur délaisse pour son Seigneur les choses qu’il chérit le plus et qui lui sont le plus attachées – nourriture, boisson et rapports conjugaux. Il s’agit donc d’un culte dont la réalité ne peut être comprise (3) qu’à travers l’abandon de la passion pour Allah : le jeûneur renonce à sa nourriture, à sa boisson et à ses désirs pour son Seigneur.
C’est là le sens de l’énoncé : « Le jeûne est à Moi », et c’est ainsi que le Prophète — paix et bénédictions sur lui — a expliqué cette attribution dans le hadith : « Allah, le Très-Haut, dit : “Toute action du fils d’Adam est multipliée ; la bonne action vaut dix fois son pareil.” Allah dit : “Sauf le jeûne ; il est à Moi et c’est Moi qui en accorde la récompense : il délaisse sa nourriture et sa boisson pour Moi.” » (4)
À tel point que le jeûneur en vient à ressembler à quelqu’un qui n’a dans ce monde d’autre besoin que de rechercher la satisfaction d’Allah (5).