Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

Et comment un esprit sensé pourrait-il admettre que la Loi du plus Sage des juges vienne avec l’opposé de ce qu’elle a institué ?!

  • La prière a, en effet, été instaurée sous la forme la plus parfaite et la plus belle, par laquelle le Créateur – exalté soit-Il – a fait adorer (1) Ses serviteurs ; elle comprend (2) la glorification d’Allah par toutes les parties du corps : la parole de la langue, l’action des mains et des pieds, la tête et ses sens, si bien que chacun des membres reçoit sa part (3) de la sagesse contenue dans cet acte cultuel d’une valeur incomparable, tandis que les sens intérieurs y trouvent également la leur et que le cœur, pour sa part, s’acquitte du devoir d’adoration qui lui revient.

Elle réunit la louange et l’action de grâce, la glorification, la proclamation de la transcendance et du takbîr, l’attestation de la vérité, et la station devant le Seigneur dans la posture d’un esclave humble et soumis (4), dirigé et entretenu par Lui.

Vient ensuite, dans le même rite, l’abaissement devant Lui, la supplication et la recherche de proximité à travers Sa propre parole ; puis l’inclinaison du dos en signe d’humilité, de recueillement et de soumission ; ensuite le redressement afin de se préparer à une déférence encore plus complète que la première : la prosternation à partir de la station debout, quand l’on dépose la partie la plus noble de soi – son visage – sur la poussière, par humilité envers son Seigneur, soumission à Sa grandeur et abaissement devant Sa majesté. Alors le cœur se brise devant Lui, le corps s’humilie, les membres se recueillent ; puis l’orant se redresse, s’assied, Le supplie, s’abaisse devant Lui et implore de Sa grâce ; il revient ensuite à son état d’humilité, de recueillement et de soumission, et il persévère ainsi jusqu’à ce qu’il achève sa prière, puis il s’assied auprès de

(1) Le manuscrit T lit « ya'bud » (« il adore »). (2) Manuscrit Q : « wa-man tadạmmanat » (« et de ce que comprenait »). Manuscrit T : « wa-man tadạmmanahā » (« et de ce qu’elle comprenait »). L’édition retient à juste titre la leçon publiée dans le texte. (3) T lit « ḥaẓẓahu » (« son lot »). (4) T lit « al-khādiʿ al-khāshiʿ » (« humble et dévoué »).
وكيف يجوِّزُ ذو العقل أن تَرِد شريعةُ أحكم الحاكمين بضدِّ ما وردت به؟! * فالصَّلاة قد وُضِعَت على أكمل الوجوه وأحسنها التي تعبَّد (١) بها الخالقُ ﵎ عبادَه؛ مِنْ تضمُّنها (٢) للتَّعظيم له بأنواع الجوارح، مِنْ نُطْق اللسان، وعمل اليدين والرِّجلين، والرأس وحواسِّه، وسائرُ أجزاء البدن يأخذُ بحظِّه (٣) من الحكمة في هذه العبادة العظيمة المقدار، مع أخذ الحواسِّ الباطنة بحظِّها منها، وقيام القلب بواجب عبوديَّته فيها. فهي مشتملةٌ على الثَّناء والحمد، والتَّمجيد والتَّسبيح والتكبير، وشهادة الحقِّ، والقيام بين يدي الربِّ مقام العبد الذَّليل الخاضع (٤) المدبَّر المَرْبُوب. ثمَّ التذلُّل له في هذا المقام، والتضرُّع والتقرُّب إليه بكلامه، ثمَّ انحناء الظَّهر ذلًّا له وخشوعًا واستكانة، ثمَّ استوائه قائمًا ليستعدَّ لخضوعٍ أكملَ له من الخضوع الأوَّل، وهو السُّجودُ مِنْ قيامٍ؛ فيضعُ أشرفَ شيءٍ فيه ــ وهو وجهُه ــ على التُّراب خشوعًا لربِّه، واستكانةً وخضوعًا لعظمته، وذلًّا لعزَّته، قد انكسر له قلبُه، وذلَّ له جسمُه، وخشعت له جوارحُه، ثمَّ يستوي قاعدًا يتضرَّعُ له، ويتذلَّلُ بين يديه، ويسأله من فضله، ثمَّ يعودُ إلى حاله من الذُّل والخشوع والاستكانة، فلا يزالُ هذا دأبه حتى يقضي صلاته، فيجلس عند
(١) (ت): «يعبد». (٢) (ق): «ومن تضمنت». (ت): «ومن تضمنها». والأقرب ما أثبت. (٣) (ت): «حظه». (٤) (ت): «الخاضع الخاشع».

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