Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

La sagesse commanderait-elle donc que Dieu, exalté soit-Il, informe chacun de Ses serviteurs (1) de tout ce qu’Il accomplit, qu’Il les éclaire sur la manière dont Il gère chacune de Ses volontés, et qu’Il leur dévoile Sa sagesse dans le moindre détail de tout ce qu’Il a fait foisonner et créé parmi Ses créatures ? Et cela relèverait-il seulement des capacités d’une créature ? Non, certes ! Au contraire, le Très-Haut a voilé une grande part de Son œuvre et de Son ordre à l’ensemble de la création : Il n’en a instruit ni ange rapproché ni prophète envoyé.

Quant au gouvernant avisé parmi les hommes, dès lors que sa sagesse et sa volonté de procurer le bien à ceux qui relèvent de son autorité sont établies, il suffit, pour s’en assurer, d’observer l’orientation de ses desseins dans les nominations et les révocations qu’il opère, la nature de ce qu’il ordonne et interdit, la manière dont il administre (2) ses sujets et veille sur eux, sans qu’il soit nécessaire d’entrer dans le détail de chacun de ses actes (3). Sauf, bien entendu, si la situation atteignait un point tel qu’on ne puisse discerner, dans ce qu’il fait, aucune issue ni aucune ouverture vers l’intérêt général : il cesserait alors de mériter, pour cela même, le qualificatif de « sage » (4).

Or, nul ne trouvera – ni dans la création de Dieu ni dans Son commandement – ne serait-ce qu’un seul exemple (5) de cet ordre. Tout ce qu’un enquêteur obstiné (6) pourrait en extraire se ramène à des affaires dont la raison est incapable de saisir les tenants et la sagesse ; prétendre pour autant qu’elles en seraient dépourvues – à Dieu ne plaise ! –, ce ne peut être qu’une pure invention attribuée à la création ou à l’ordre : en réalité, Dieu ne l’a ni créé ni prescrit.

(1) Ms H et N lisent : « an yukhbira Allah taʿala ʿibādahu » (qu’Allah informe Ses serviteurs). (2) Ms H et N lisent : « ilā tadbīrihi li-raʿiyyatihi » (à Sa gestion de Ses sujets). (3) Mahāsin al-Sharīʿa indique : « kafa dhālika ʿan tatabbaʿ maqāṣidihi biman yuwallī wa-yaʿzil, aw fīmā yudabbiru bihi nafsahu aw ahlahu aw raʿiyyatahu » (cela suffit pour ne pas poursuivre ses intentions lorsqu’il nomme ou révoque quelqu’un, ou dans ce par quoi il administre lui-même, sa famille ou ses administrés). (4) Mahāsin al-Sharīʿa, p. 20. (5) Mss D, T, Q et N : « wa-lā wāḥidan » (pas même un seul). (6) Mss Q et D : « nafs al-mutaʿannit » (l’individu obstiné) ; ms T : « taʿīs al-mabʿath » (le texte est corrompu).
وهل تقتضي الحكمةُ أن يخبر الله تعالى كلَّ عبد من عباده (١) بكلِّ ما يفعلُه، ويُوقِفهم على وجه تدبيره في كلِّ ما يريدُه، وعلى حكمته في صغير ما ذَرَأ وبَرَأ من خليقته؟! وهل في قُوى المخلوق ذلك؟! بل طوى سبحانه كثيرًا من صنعه وأمره عن جميع خلقه، فلم يُطْلِع على ذلك مَلَكًا مقرَّبًا ولا نبيًّا مرسلًا. والمدبِّر الحكيمُ من البشر إذا ثبتت حكمتُه وابتغاؤه الصَّلاحَ لمن تحت تدبيره وسياسته كفى في ذلك تتبُّعُ مقاصده فيمن يولِّي ويَعْزِل، وفي جنس ما يأمرُ به وينهى عنه، وفي تدبيره لرعيَّته (٢) وسياسته لهم، دون تفاصيل كلِّ فعلٍ من أفعاله (٣)، اللهمَّ إلا أن يبلُغ الأمرُ في ذلك مبلغًا لا يوجدُ لفعله منفذٌ ومَسَاغٌ في المصلحة أصلًا، فحينئذٍ يخرجُ بذلك عن استحقاق اسم الحكيم (٤). ولن يجد أحدٌ في خَلْق الله ولا في أمره واحدًا (٥) من هذا الضرب، بل غايةُ ما يخرجه تفتيشُ المتعنِّت (٦) أمورٌ يعجزُ العقلُ عن معرفة وجوهها وحكمتها، وأمَّا أن ينفي ذلك عنها فمعاذ الله؛ إلا أن يكون ما أخرجه كذبًا على الخلق والأمر فلم يخلق الله ذلك ولا شرعه.
(١) (ح، ن): «أن يخبر الله تعالى عباده». (٢) (ح، ن): «إلى تدبيره لرعيته». (٣) «محاسن الشريعة»: «كفى ذلك عن تتبع مقاصده بمن يولي ويعزل، أو فيما يدبر به نفسه أو أهله أو رعيته». (٤) «محاسن الشريعة» (٢٠). (٥) (د، ت، ق، ن): «ولا واحدا». (٦) (ق، د): «نفس المتعنت». (ت): «تعيس المبعث»!.

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