La sagesse commanderait-elle donc que Dieu, exalté soit-Il, informe chacun de Ses serviteurs (1) de tout ce qu’Il accomplit, qu’Il les éclaire sur la manière dont Il gère chacune de Ses volontés, et qu’Il leur dévoile Sa sagesse dans le moindre détail de tout ce qu’Il a fait foisonner et créé parmi Ses créatures ? Et cela relèverait-il seulement des capacités d’une créature ? Non, certes ! Au contraire, le Très-Haut a voilé une grande part de Son œuvre et de Son ordre à l’ensemble de la création : Il n’en a instruit ni ange rapproché ni prophète envoyé.
Quant au gouvernant avisé parmi les hommes, dès lors que sa sagesse et sa volonté de procurer le bien à ceux qui relèvent de son autorité sont établies, il suffit, pour s’en assurer, d’observer l’orientation de ses desseins dans les nominations et les révocations qu’il opère, la nature de ce qu’il ordonne et interdit, la manière dont il administre (2) ses sujets et veille sur eux, sans qu’il soit nécessaire d’entrer dans le détail de chacun de ses actes (3). Sauf, bien entendu, si la situation atteignait un point tel qu’on ne puisse discerner, dans ce qu’il fait, aucune issue ni aucune ouverture vers l’intérêt général : il cesserait alors de mériter, pour cela même, le qualificatif de « sage » (4).
Or, nul ne trouvera – ni dans la création de Dieu ni dans Son commandement – ne serait-ce qu’un seul exemple (5) de cet ordre. Tout ce qu’un enquêteur obstiné (6) pourrait en extraire se ramène à des affaires dont la raison est incapable de saisir les tenants et la sagesse ; prétendre pour autant qu’elles en seraient dépourvues – à Dieu ne plaise ! –, ce ne peut être qu’une pure invention attribuée à la création ou à l’ordre : en réalité, Dieu ne l’a ni créé ni prescrit.