Dès lors, il ne saurait relever de la sagesse divine — pas plus, d’ailleurs, de la sagesse des souverains terrestres — de traiter de la même manière tous ceux qui dépendent d’eux en les informant de tout ce que savent les rois, en leur communiquant l’intégralité de leurs connaissances et en leur dévoilant chaque ressort (1) des politiques qu’ils mettent en œuvre à leur propre sujet comme dans leurs résidences. Ils ne désignent pas un intendant dans une ville (2) sans expliquer à leurs subordonnés la raison de cette nomination et l’objectif qu’ils y poursuivent (3) ; ils n’ordonnent rien à leurs sujets, n’imposent aucune levée, ne les administrent par aucune mesure sans leur exposer la manière, la cause, la finalité et la durée de ce qu’ils décrètent. Mieux encore, ils ne modifieraient pas la moindre circonstance touchant à leur nourriture et leur boisson (4), à leurs vêtements ou à leurs montures sans les mettre au courant des desseins qu’ils y visent (5).
Il ne fait aucun doute qu’un tel procédé contredirait la sagesse et l’intérêt même entre créatures ; que doit-on alors penser du Seigneur des mondes, du plus Sage des juges, dont nul ne partage jamais la science (6) ni la sagesse ?
Il suffit donc aux esprits accomplis de se fonder sur la part de Sa sagesse qu’ils connaissent pour inférer celle qui leur échappe, et de savoir (7) qu’Il possède une sagesse dans tout ce qu’Il crée, ordonne et prescrit.