Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

Dès lors, il ne saurait relever de la sagesse divine — pas plus, d’ailleurs, de la sagesse des souverains terrestres — de traiter de la même manière tous ceux qui dépendent d’eux en les informant de tout ce que savent les rois, en leur communiquant l’intégralité de leurs connaissances et en leur dévoilant chaque ressort (1) des politiques qu’ils mettent en œuvre à leur propre sujet comme dans leurs résidences. Ils ne désignent pas un intendant dans une ville (2) sans expliquer à leurs subordonnés la raison de cette nomination et l’objectif qu’ils y poursuivent (3) ; ils n’ordonnent rien à leurs sujets, n’imposent aucune levée, ne les administrent par aucune mesure sans leur exposer la manière, la cause, la finalité et la durée de ce qu’ils décrètent. Mieux encore, ils ne modifieraient pas la moindre circonstance touchant à leur nourriture et leur boisson (4), à leurs vêtements ou à leurs montures sans les mettre au courant des desseins qu’ils y visent (5).

Il ne fait aucun doute qu’un tel procédé contredirait la sagesse et l’intérêt même entre créatures ; que doit-on alors penser du Seigneur des mondes, du plus Sage des juges, dont nul ne partage jamais la science (6) ni la sagesse ?

Il suffit donc aux esprits accomplis de se fonder sur la part de Sa sagesse qu’ils connaissent pour inférer celle qui leur échappe, et de savoir (7) qu’Il possède une sagesse dans tout ce qu’Il crée, ordonne et prescrit.

(1) Les manuscrits de base portent «ʿalayhim» ; lecture rectifiée d’après Mahasin al-shariʿa. (2) Les copies primitives ont «fîhâ», forme altérée ; le texte correct provient de Mahasin al-shariʿa. (3) Mahasin al-shariʿa lit : «qaṣarûhu fîhi». (4) L’expression «wa mashâribhim» est absente des manuscrits Ḥ et Q. (5) Mahasin al-shariʿa d’Abû Bakr al-Qaffâl al-Shâshî (m. 365), p. 19 ; l’essentiel de ce paragraphe en est tiré. L’auteur le citera p. 964 en termes élogieux. (6) Le manuscrit T lit : «fî ḥukmihi». (7) Les manuscrits de base ont «wa-ʾʿlam» ; la leçon adoptée est jugée plus correcte.
وإذا عُرِف ذلك؛ فليس من الحكمة الإلهية، بل ولا الحكمة في مُلوك العالم، أنهم يسوُّون بين من هو تحت تدبيرهم في تعريفهم كلَّ ما يعرفُه الملوك، وإعلامهم جميعَ ما يَعْلمونه، وإطلاعهم على كلِّ ما يُجْرُون عليه (١) سياساتهم في أنفسهم وفي منازلهم، حتى لا يقيموا في بلدٍ قيِّمًا (٢) إلا أخبروا من تحت أيديهم بالسَّبب في ذلك، والمعنى الذي قصدوه منه (٣)، ولا يأمرون رعيَّتهم بأمرٍ، ولا يضربون عليهم بعثًا، ولا يَسُوسونهم سياسةً إلا أخبروهم بوجه ذلك وسببه وغايته ومدَّته، بل لا تتصرَّفُ بهم الأحوالُ في مطاعمهم ومشاربهم (٤) وملابسهم ومراكبهم إلا وَقَفُوهم على أغراضهم فيه (٥). ولا شكَّ أنَّ هذا منافٍ للحكمة والمصلحة بين المخلوقين، فكيف بشأنِ ربِّ العالمين وأحكم الحاكمين، الذي لا يشاركُه في علمه (٦) ولا في حكمته أحدٌ أبدًا؟! فحَسْبُ العقول الكاملة أن تستدلَّ بما عرفَت من حكمته على ما غاب عنها، وتعلمَ (٧) أنَّ له حكمةً في كلِّ ما خلقه وأمر به وشرعه.
(١) في الأصول: «عليهم». والتصويب من «محاسن الشريعة». (٢) في الأصول: «فيها». تحريف. والمثبت من «محاسن الشريعة». (٣) «محاسن الشريعة»: «قصروه فيه». (٤) «ومشاربهم» ليست في (ح، ق). (٥) «محاسن الشريعة» لأبي بكر القفال الشاشي (ت: ٣٦٥) (ص: ١٩). وجلُّ هذا الفصل منه. وسيذكره المصنف (ص: ٩٦٤)، ويثني عليه. (٦) (ت): «في حكمه». (٧) في الأصول: «واعلم». والمثبت أشبه.

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