Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

de la sagesse, de l’immensité de la miséricorde, de la bienveillance et de la bonté, de l’emprise sur l’invisible comme sur le visible, de la science des commencements et des fins, et qu’il s’agit là de l’un des plus grands bienfaits dont Il ait gratifié Ses serviteurs.

Jamais Il ne leur a accordé grâce plus illustre que de les y avoir guidés, de les avoir comptés parmi ses gens, parmi ceux qu’Il a agréés pour cette voie et qu’Il a agréés pour eux ; c’est pourquoi Il rappelle Sa faveur à Ses adorateurs en les y conduisant. Il — exalté soit-Il — dit : « Allah a certes fait une faveur aux croyants lorsqu’Il a suscité parmi eux un Messager issu d’eux-mêmes, qui leur récite Ses versets, les purifie et leur enseigne le Livre et la sagesse, alors qu’auparavant ils étaient certes dans un égarement manifeste » (Âl ʿImrân 3 : 164).

Et Il dit encore, faisant prendre conscience à Ses serviteurs de l’immensité de Son bienfait à leur égard et les appelant à Lui rendre grâce (1) pour les avoir comptés parmi les gens de cette religion : « Aujourd’hui J’ai parachevé pour vous votre religion, J’ai complété sur vous Mon bienfait et J’agrée pour vous l’islam comme religion » (Al-Mâʾida 5 : 3).

Contemple donc comment Il qualifie la religion qu’Il leur a choisie de « parfaite », et le bienfait dont Il les a comblés de « complet » : indication, pour la religion, qu’elle ne renferme ni défaut, ni tare, ni faille, ni rien qui contrevienne à la sagesse sous quelque aspect que ce soit ; elle est parfaite en beauté et en majesté. Quant au bienfait, Il le qualifie de « complet » pour signaler sa permanence et sa continuité, attestant qu’Il ne le leur retirera pas après le leur avoir accordé (2), mais qu’Il le mènera à son plein accomplissement en le maintenant ici-bas comme dans la demeure ultime (3).

Médite enfin la beauté de l’association du tamâm (accomplissement) au bienfait, la beauté de l’association du kamâl (perfection) à la religion, l’attribution de la religion à eux puisqu’ils l’observent et la mettent en pratique, et l’attribution du bienfait à Lui, car Il est

(1) Le manuscrit N porte : « shukraha » (« sa gratitude »). (2) Le manuscrit H lit : « a‘taahum iyah » (« il la leur a accordée »), et le manuscrit N : « a‘taaha » (« il la leur a donnée »). (3) Les manuscrits Q, T et D lisent : « dar al-baqa » (« la demeure éternelle »).
الحكمة، وسَعة الرحمة والبرِّ والإحسان، والإحاطة بالغيب والشَّهادة، والعلم بالمباداء والعواقب، وأنها مِنْ أعظم نِعَمه التي أنعَم بها على عباده. فما أنعَم عليهم بنعمةٍ أجلَّ من أن هداهم لها؛ وجعلهم من أهلها، وممَّن ارتضاها لهم وارتضاهم لها، فلهذا امتنَّ على عباده بأن هداهم لها؛ قال تعالى: ﴿لَقَدْ مَنَّ اللَّهُ عَلَى الْمُؤْمِنِينَ إِذْ بَعَثَ فِيهِمْ رَسُولًا مِنْ أَنْفُسِهِمْ يَتْلُو عَلَيْهِمْ آيَاتِهِ وَيُزَكِّيهِمْ وَيُعَلِّمُهُمُ الْكِتَابَ وَالْحِكْمَةَ وَإِنْ كَانُوا مِنْ قَبْلُ لَفِي ضَلَالٍ مُبِينٍ﴾ [آل عمران: ١٦٤]. وقال معرِّفًا لعباده ومذكِّرًا لهم عظيمَ نعمته عليهم بها، مُسْتَدعيًا منهم شُكرَهم (١) على أن جَعَلهم من أهلها: ﴿الْيَوْمَ أَكْمَلْتُ لَكُمْ دِينَكُمْ وَأَتْمَمْتُ عَلَيْكُمْ نِعْمَتِي وَرَضِيتُ لَكُمُ الْإِسْلَامَ دِينًا﴾ [المائدة: ٣]. وتأمَّل كيف وَصَف الدِّين الذي اختاره لهم بالكمال، والنِّعمةَ التي أسبَغها عليهم بالتَّمام، إيذانًا في الدِّين بأنه لا نقصَ فيه ولا عيبَ ولا خلل ولا شيءَ خارجًا عن الحكمة بوجهٍ، بل هو الكاملُ في حُسْنه وجلالته، ووَصَف النِّعمة بالتَّمام إيذانًا بدوامها واتصالها، وأنه لا يَسْلُبهم إياها بعد إذ أعطاهموها (٢)، بل يُتِمُّها لهم بالدَّوام في هذه الدَّار وفي دار القرار (٣). وتأمَّل حُسْنَ اقتران التَّمام بالنِّعمة، وحُسْنَ اقتران الكمال بالدِّين، وإضافةَ الدِّين إليهم إذ هم القائمون به المقيمون له، وإضافةَ النِّعمة إليه إذ هو
(١) (ن): «شكرها». (٢) (ح): «أعطاهاهم إياه». وفي (ن): «أعطاها». (٣) (ق، ت، د): «دار البقاء».

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