Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

« “Vas-Tu y placer quelqu’un qui y sèmera la corruption et y versera le sang ?”, et parce qu’Il soumit Hârût et Mârût à l’épreuve qu’Il leur infligea, les anges, depuis lors, ne cessent d’implorer le pardon en faveur des fils d’Adam et de prier Allah pour eux » (1).

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Parmi les leçons qu’il doit tirer : lorsque le serviteur se reconnaît, devant son Seigneur, pécheur, fautif et négligent (2), alors même que la faveur d’Allah à son encontre, à chaque battement de paupière, déborde de bienfaits, de protection, et qu’il a un besoin impérieux de Lui, ne pouvant s’en passer ne fût-ce qu’un seul souffle — telle est sa condition envers son Seigneur — comment peut-il espérer que les gens se comportent avec lui comme il le souhaite, qu’ils ne lui témoignent qu’une pure bonté, alors qu’il n’agit pas de la sorte avec son Seigneur ?

Comment peut-il espérer que son esclave, son enfant ou son épouse lui obéissent en tout ce qu’il désire, sans jamais lui désobéir (3) ni manquer à ses droits, alors que lui-même n’agit pas ainsi avec son Seigneur ? Cela doit donc le pousser à implorer le pardon pour ceux qui lui font du tort, à leur pardonner, à les excuser et à fermer les yeux plutôt que de réclamer ses droits jusqu’au dernier détail.

Chaque fois que le serviteur récolte de son péché de tels fruits, ou ce qui leur ressemble, c’est le signe que ce péché a été pour lui une miséricorde. Mais s’il en retire l’inverse (4) et qu’il en résulte tout le contraire de ce que nous venons de décrire, c’est — par Allah — la marque de la damnation ; c’est la preuve qu’à cause de son insignifiance aux yeux d’Allah et de sa chute dans Son estime, Allah l’a laissé livré à ses désobéissances afin d’établir contre lui la preuve de Sa justice, puis de le châtier selon ce qu’il mérite.

(1) Rapporté par al-Hakim, al-Mustadrak, vol. 2, p. 442 ; également, par sa chaîne, par al-Bayhaqi, Shuʿab al-Iman, vol. 12, p. 85, d’après Ibn ʿAbbas. Al-Hakim l’a déclaré authentique et adh-Dhahabi n’a formulé aucune réserve. (2) Variante du manuscrit N : «musiʾan mukhtiʾan khatiʾan mufriṭan maʿa Allah» («faisant le mal, se trompant, péchant, excessif envers Allah») ; le manuscrit H lit : «musiʾan khatiʾan maʿa Allah» («faisant le mal, péchant envers Allah»). (3) Lecture conforme aux manuscrits de base. (4) Manuscrits H et N : «wa-man ijtana minhu» («et quiconque en a récolté»).
﴿أَتَجْعَلُ فِيهَا مَنْ يُفْسِدُ فِيهَا وَيَسْفِكُ الدِّمَاءَ﴾، وامتَحَن هاروتَ وماروتَ بما امتحنهما به، جَعَلت الملائكةُ بعد ذلك تستغفرُ لبني آدم وتدعو الله لهم» (١). فصل ومنها: أنه إذا شَهِد نفسَه مع ربِّه مسيئًا خاطئًا مفرِّطًا (٢)، مع فَرْطِ إحسان الله إليه في كلِّ طرفة عين، وبرِّه به، ودَفْعِه عنه، وشدَّة حاجته إلى ربِّه، وعدم استغنائه عنه نَفَسًا واحدًا، وهذه حالُه معه= فكيف يطمعُ أن يكون النَّاسُ معه كما يحبُّ، وأن يعاملوه بمحض الإحسان وهو لم يعامل ربَّه بتلك المعاملة؟! وكيف يطمعُ أن يطيعه مملوكُه وولدُه وزوجتُه في كلِّ ما يريد، ولا يعصونه (٣) ولا يخلُّون بحقوقه، وهو مع ربِّه ليس كذلك؟! وهذا يوجبُ له أن يستغفر لمسيئهم، ويعفو عنه، ويسامحه، ويُغْضِي عن الاستقصاء في طلب حقِّه. فهذه الآثارُ ونحوُها متى اجتناها العبدُ من الذَّنب فهي علامةُ كونه رحمةً في حقِّه، ومتى اجتنى منه (٤) أضدادَها وأوجبت له خلافَ ما ذكرناه فهي والله علامةُ الشَّقاوة، وأنه مِنْ هوانه على الله وسقوطه من عَيْنه خلَّى بينه وبين معاصيه؛ ليقيم عليه حجَّةَ عدله، فيعاقبه باستحقاقه.
(١) أخرجه الحاكم في «المستدرك» (٢/ ٤٤٢)، ومن طريقه البيهقي في «شعب الإيمان» (١٢/ ٨٥) عن ابن عباس. وصححه الحاكم، ولم يتعقبه الذهبي. (٢) (ن): «مسيئا مخطئا خاطئا مفرطا مع الله». (ح): «مسيئا خاطئا مع الله». (٣) كذا في الأصول. (٤) (ح، ن): «ومن اجتنى منه».

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