Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

un mérite immense que je n’ai pas retenu (1), et il se peut même qu’il le comptât parmi les litanies auxquelles il ne manquait jamais (2). Je l’ai également entendu dire : « S’il la place entre les deux prosternations, cela est permis. »

Lorsqu’ensuite le serviteur constate que ses frères sont atteints du même mal que lui, et qu’ils ont besoin de la même miséricorde que celle dont il a lui-même besoin, la seule chose qui puisse encore le pousser à les tenir à l’écart est une avarice extrême (3) à l’égard du pardon et de la grâce d’Allah. Un tel homme ne mérite pas d’être secouru, car la rétribution est conforme à l’acte.

L’un des pieux anciens a dit : « Lorsque Allah adressa un blâme aux anges pour avoir déclaré : »

(1) Probablement le passage cité dans Ar-Ruh, p. 390 : «C’est pourquoi on rapporte de certains salaf que celui qui dit chaque jour, soixante-dix fois : “Rabbi-ghfir li wa-li-walidayya wa-lil-muslimin wa-lil-muslimat wa-lil-muminin wa-lil-muminat” (Seigneur, pardonne-moi ainsi qu’à mes parents, aux musulmans et musulmanes, aux croyants et croyantes) obtient une récompense équivalente au nombre de chaque musulman et musulmane, croyant et croyante. Ne t’en étonne pas : lorsqu’il demande pardon pour ses frères, il leur fait du bien, et Allah ne laisse pas perdre la récompense des bienfaiteurs». – Voir aussi le rêve rapporté d’un salaf dans Al-Hilya, 10/113. – At-Tabarani rapporte dans le Musnad ash-Shamiyyin (n° 2155), d’après Ubadah b. as-Samit, ce propos élevé au Prophète : «Quiconque implore le pardon pour les croyants et les croyantes se voit inscrire, pour chaque croyant et croyante, une bonne action». Chaîne faible, mais jugée passable par al-Haythami dans Al-Majmaʿ, 10/352. – Hadith d’Umm Salama dans Al-Muʿjam al-Kabir, 23/370 (faible). – Un troisième hadith, également faible ; cf. As-Silsila ad-Daʿifa, n° 5976. – Sur le sens général, voir Tuhfat al-Dhakirin de Shawkani, p. 380. – L’origine du nombre soixante-dix provient peut-être du hadith authentifié par at-Tirmidhi (n° 3259), d’après Abu Hurayra, relatif au verset : «… implore pardon pour ta faute et pour les croyants et les croyantes» ; le Prophète ﷺ dit : «Je demande certes pardon à Allah, chaque jour, soixante-dix fois». (2) Voir : Majmuʿ al-Fatawa, 22/521 ; 24/322. (3) L’édition (N) lit : «en raison d’une ignorance excessive».
فيه فضلاً عظيمًا لا أحفظُه (١)، وربَّما كان من جملة أوراده التي لا يُخِلُّ بها (٢). وسمعتُه يقول: إن جَعَله بين السَّجدتين جاز. فإذا شَهِد العبدُ أنَّ إخوانه مصابون بمثل ما أُصِيبَ به، محتاجون إلى ما هو محتاجٌ إليه، لم يمتنع من مباعدتهم إلا لفَرْط بُخْلٍ (٣) بمغفرة الله وفضله، وحقيقٌ بهذا أن لا يُساعَد فإنَّ الجزاء من جنس العمل. وقد قال بعض السَّلف: «إنَّ الله لما عَتَبَ على الملائكة بسبب قولهم:
(١) لعله ما ذكره في «الروح» (٣٩٠)، قال: «ولهذا جاء أثرٌ عن بعض السلف أنه من قال كل يوم سبعين مرة: رب اغفر لي ولوالدي وللمسلمين والمسلمات والمؤمنين والمؤمنات، حصل له من الأجر بعدد كل مسلم ومسلمة ومؤمن ومؤمنة. ولا تستبعد هذا، فإنه إذا استغفر لإخوانه فقد أحسن إليهم، والله لا يضيع أجر المحسنين». وانظر منامًا لبعض السلف في «الحلية» (١٠/ ١١٣). وعند الطبراني في «مسند الشاميين» (٢١٥٥) من حديث عبادة بن الصامت مرفوعًا: «من استغفر للمؤمنين والمؤمنات كتب له بكلِّ مؤمن ومؤمنة حسنة». وإسناده ضعيف، وجوَّده الهيثمي في «المجمع» (١٠/ ٣٥٢). ومن حديث أم سلمة في «المعجم الكبير» (٢٣/ ٣٧٠)، وإسناده ضعيف. وفي الباب حديثٌ ثالث ضعيف. انظر: «السلسلة الضعيفة» (٥٩٧٦). وانظر تقرير ما دلت عليه في «تحفة الذاكرين» للشوكاني (٣٨٠). وربما كان أصل التزام عدد السبعين ما أخرجه الترمذي (٣٢٥٩) وصححه من حديث أبي هريرة في قوله تعالى: ﴿وَاسْتَغْفِرْ لِذَنْبِكَ وَلِلْمُؤْمِنِينَ وَالْمُؤْمِنَاتِ﴾ قال: فقال ﷺ: «إني لأستغفر الله في اليوم سبعين مرة». (٢) انظر: «مجموع الفتاوى» (٢٢/ ٥٢١، ٢٤/ ٣٢٢). (٣) (ن): «لفرط جهل».

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