et à l’entourer d’égards, de révérence, de déférence et d’une autorité incontestée. Telle est la situation de la plupart des dirigeants – qu’Allah nous en préserve.
Jamais Allah ne réunira ces deux catégories dans une même demeure : celle-ci a lancé (1) son désir et sa colère pour grimper jusqu’au plus haut des hauts, tandis que l’autre, sous l’emprise des mêmes forces, a chu jusqu’au plus bas des bas.
Il s’ensuit que la constitution même de l’être humain de cette manière relève de la plus parfaite sagesse : chacune des deux facultés doit nécessairement produire son effet (2). Il est donc inévitable que surviennent péchés, infractions et désobéissances, ainsi que les conséquences qu’entraînent ces deux forces. Si elles (3) n’avaient pas été créées chez l’homme, il ne serait pas un être humain mais un ange. L’enchaînement (4) qui en découle est donc inhérent à la condition humaine, comme l’a déclaré le Prophète ﷺ : « Tout fils d’Adam est pécheur, et les meilleurs des pécheurs sont ceux qui se repentent. » (5)
(1) Les manuscrits Ḥ et N portent : « fa-hadhā ṣaʿada » (« alors il monta »).
(2) Lecture conforme aux manuscrits, retenue pour le sens ; la formulation usuelle serait : « chacune des deux facultés produit son effet ».
(3) Les manuscrits Ḥ et N lisent : « wa-law lam yakhtalifā » (« même s’ils ne divergeaient pas »).
(4) Le manuscrit Q donne : « fa-t-tartīb » (« l’ordre »). Une note marginale du manuscrit D propose plutôt : « fa-dh-dhanb » (« alors le péché »), lecture possible.
(5) Rapporté par at-Tirmidhī (2499), Ibn Māja (4251), Aḥmad (3/198) et d’autres, par la chaîne ʿAlī b. Masʿada – Qatāda – Anas.
– Imām Aḥmad, cité dans al-Muntakhab mina l-ʿIlal de al-Khallāl (92), le juge « munkar ».
– At-Tirmidhī le qualifie de ḥadith gharib et note qu’il n’est connu que par ʿAlī b. Masʿada d’après Qatāda.
– Abū Aḥmad al-Ḥākim, Asāmī wa-l-Kunā (4/81), le tient également pour munkar et souligne l’absence de corroboration pour ʿAlī b. Masʿada (voir aussi Musnad al-Bazzār, 7236).
– Ibn ʿAdī, al-Kāmil (5/207), et Ibn Ḥibbān, al-Majrūḥīn (2/111), l’ont cité dans la notice d’ʿAlī b. Masʿada et l’ont désavoué.
– Saʿīd b. Abī ʿArūba rapporte la même parole d’après Qatāda sans la remonter au Prophète, la tenant pour une tradition des Gens du Livre ; Aḥmad la reproduit dans al-Zuhd (96). Cette version mawqūf est la plus fiable.
– Al-Ḥākim a toutefois authentifié la version marfūʿa (4/244), position contestée par adh-Dhahabī.