Et si, malgré tout, elle persiste dans son éloignement, ne s’attendrit point au souvenir de son premier asile (1), et ne ressent ni sa détresse immense ni la nécessité impérieuse de regagner la proximité de son Seigneur, elle fait alors partie de ceux que l’on ne recherche pas lorsqu’ils disparaissent, que l’on ne rappelle pas lorsqu’ils s’enfuient, et auxquels on ne demande pas d’excuses lorsqu’ils fautent. Ce sont les âmes que rien n’a préparées à ce qui les attend là-bas. L’exclusion qui les frappe leur suffit ; leur péché porte déjà sa propre sanction.
Section
La sagesse divine a voulu que l’être humain fût doté du désir et de la colère ; ces deux forces, telles des attributs intrinsèques, ne le quittent jamais. C’est par elles qu’il fut éprouvé, exposé soit à conquérir les plus hauts degrés et à rejoindre la Compagnie suprême, soit à dégringoler jusqu’au plus bas des bas.
Ces deux forces n’abandonneront le serviteur qu’après l’avoir conduit, soit aux demeures des vertueux, soit sous les pas des pervers. Jamais Allah ne placera sur un même rang celui dont le désir est tourné vers ce qui lui est réservé dans la demeure des délices et dont la colère est une ardeur jalouse pour Allah, Son Livre, Son Messager et Sa religion, et celui dont le désir (2) se consume dans ses passions et ses espérances immédiates, dont la colère ne s’enflamme que pour son propre intérêt, quand bien même les choses sacrées d’Allah seraient violées, Ses limites transgressées, Ses lois et Sa sunna abandonnées, pourvu que l’on continue à ménager sa personne