Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

et qu’Il lui restitue ce sans quoi il ne saurait vivre. Allah sut alors qu’il était bien l’élu pour ce à quoi Il l’avait destiné ; Il lui rendit donc ce dont il avait le plus grand besoin. Sa joie s’en trouva énorme, son délice parfait, son bienfait accompli (1), son allégresse ininterrompue. Il prit alors la mesure de ce don, s’y cramponna de toutes ses dents, le tint serré entre ses doigts. Son état ressemblait à celui de l’homme qui, dans un désert mortel, a perdu sa monture portant sa nourriture et sa boisson, puis la retrouve après avoir contemplé la mort ; combien précieuse est à ses yeux une telle retrouvaille !

Or Allah possède des secrets, des sagesses, des rappels et des éclaircissements que les esprits humains ne sauraient saisir.

Dis donc à ce cœur endurci : « Malheur à toi ! Ce lieu n’est pas ton nid ; glisse-toi donc ailleurs et va chercher ton vieux nid délabré.
Et ne sois pas de ceux qui tendent le bras vers un fruit ; puis, n’ayant pu l’atteindre, déclarent : “Il n’est, de toute façon, pas à point.” » (2)

Ainsi, lorsque le serviteur, après avoir goûté l’intimité, est touché d’un peu de solitude, lorsque, après la proximité, il est brûlé par le feu de l’éloignement (3), son âme se languit de la douceur de cette relation ; elle soupire, gémit, implore (4) et se tourne vers les effluves de Celui auprès de qui il n’est pour elle aucun substitut, surtout lorsqu’elle se rappelle Sa générosité, Sa douceur, Sa tendresse et Sa proximité. Ce souvenir l’empêche alors de se fixer et réveille en elle les tourments cachés (5), ainsi que l’a dit le poète — ayant manqué le tawâf d’adieu, il brava les dangers et y retourna — :

« Lorsque je me suis rappelé les demeures du sanctuaire,
sans pouvoir adresser le salut du voyageur qui part,
j’ai su que la vie ne me serait d’aucun profit
si je ne les revoyais pas au jour convenu. » (6)

(1) L’expression « watammat bihi ni‘matuhu » (et Sa grâce fut parachevée par lui) ne figure pas dans les manuscrits H et N. (2) C’est-à-dire : « non sucré ». Les deux vers paraissent plutôt relever de la plume du compilateur. (3) Les manuscrits N et H lisent : « après la douceur de l’intimité, la solitude ; après la proximité, le feu de l’éloignement ». (4) Les mêmes manuscrits ont : « wa-taṣadda‘at » (« et elle se fissura »). (5) Il s’agit des soucis et des obsessions qui occupent la poitrine ; cf. Lisân al-‘Arab, entrée « balal ». (6) Le premier vers est cité dans : al-Muwâzana, 2/47 ; Sharḥ Nahj al-Balâgha, 8/128, par al-‘Alawî al-Baṣrî, chef des Zandj ; Dhayl al-Amâlî, p. 120, d’après al-Zubayr b. Bakkâr, transmis par des Basriens de Banû Qushayr ; Tadhkirat al-Ḥamduniyya, 6/60, attribué à un membre de Banû Qushayr ; enfin, Thalab le rapporte dans al-Muḥibb wal-Maḥbûb, 2/81. Notre shaykh al-Iṣlâḥî note que, dans les vers transmis, la réponse à « lamma » est : « zafartu ilayhā zafratan… » (« je poussai vers elle un soupir… »), tandis qu’ici elle est : « tayakkantu… » (« je me suis assuré… »). Il est donc probable qu’un poète a inséré l’ancien vers dans son propre poème.
ويعيد عليه ما لا حياة له بدونه= عَلِم أنه موضعٌ لما أُهِّل له، فردَّ عليه أحوجَ ما هو إليه، فعظُمت به فرحتُه، وكمُلت به لذَّتُه، وتمَّت به نعمتُه (١)، واتصل به سرورُه، وعَلِم حينئذٍ مقدارَه، فعَضَّ عليه بالنَّواجذ، وثنى عليه الخناصر، وكان حالُه كحال ذلك الفاقد لراحلته التي عليها طعامُه وشرابُه في الأرض المَهْلَكة إذا وجدها بعد معاينة الهلاك؛ فما أعظم موقع ذلك الوِجْدان عنده! ولله أسرارٌ وحِكَمٌ ومنبِّهاتٌ وتعريفاتٌ لا تنالها عقولُ البشر. فقُل لغليظِ القلب ويحكَ ليسَ ذا ... بِعُشِّكَ فادْرُجْ طالبًا عُشَّكَ البالي ولا تكُ ممَّن مَدَّ باعًا إلى جَنًى ... فقَصَّرَ عنه قال ذا ليسَ بالحالي (٢) فالعبدُ إذا بُلي بعد الأُنس بشيءٍ من الوَحْشة، وبعد القُرب صَلِي بنار البِعاد (٣)، اشتاقت نفسُه إلى لذَّة تلك المعاملة، فحنَّت وأنَّت وتضرَّعت (٤) وتعرَّضت لنفحات من ليس لها منه عِوَضٌ أبدًا، ولا سيَّما إذا تذكَّرت برَّه ولطفه وحنانه وقُربه؛ فإنَّ هذه الذكرى تمنعُها القرار وتهيِّجُ منها البلابل (٥)، كما قال القائل ــ وقد فاته طوافُ الوداع، فركب الأخطار ورجع إليه ــ: ولما تذكَّرتُ المنازلَ بالحِمى ... ولم يُقْضَ لي تسليمةُ المتزَوِّد تيقَّنتُ أنَّ العَيْشَ ليس بنافعي ... إذا أنا لم أنظُر إليها بموعدِ (٦)
(١) «وتمت به نعمته» ليست في (ح، ن). (٢) أي: ليس بالحلو. والبيتان أشبه بنظم المصنف. (٣) (ن، ح): «بعد الأنس بالوحشة وبعد القرب بنار البعاد». (٤) (ن، ح): «وتصدعت». (٥) وهي الهموم والوساوس في الصدر. «اللسان» (بلل). (٦) البيت الأول في «الموازنة» (٢/ ٤٧)، و «شرح نهج البلاغة» (٨/ ١٢٨) للعلوي البصري صاحب الزنج، وفي «ذيل الأمالي» (١٢٠) من إنشاد الزبير بن بكار لبعض البصريين القشيريين، و «التذكرة الحمدونية» (٦/ ٦٠) لبعض بني قشير، وأنشده ثعلب من أبياتٍ في «المحب والمحبوب» (٢/ ٨١). قال شيخنا الإصلاحي: وجواب (لما) في الأبيات المرويَّة: زفرتُ إليها زفرةً ... ، وهنا: تيقنتُ ... ؛ فالظاهر أن بعضهم ضمَّن البيت القديم في شعره.

Entreprise

  • À propos
  • Tarifs
  • Pourquoi traduire ?

Support

  • Contactez-nous
  • Signaler un bug
  • Nous soutenir
  • Faire un don
  • Arène de combat IA

Suivez-nous

© 2026 Kutub. Tous droits réservés.
Conditions d'utilisationPolitique de confidentialitéCookies