Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

la manière de repousser leur mal et leurs manœuvres ; car, s’il passait près d’eux dans l’imprévoyance (1) et la quiétude, rien ne garantirait qu’ils ne se ruent sur lui et ne le ravagent entièrement.

Section

Parmi les enseignements encore : il arrive que le cœur, distrait de son ennemi et détourné de lui, soit absorbé par quelque occupation. Qu’une flèche tirée par cet ennemi l’atteigne, et aussitôt ses forces, sa présence d’esprit (2) et sa vaillance se rassemblent ; il réclame vengeance, pour peu que ce cœur soit libre et noble. C’est pareil au brave qui, une fois blessé, ne rencontre plus aucun obstacle : on le voit alors déchaîné, fonçant hardiment en avant (3). Quant au cœur lâche et avili, s’il est touché, il ressemble à l’homme faible et vil qui, blessé, prend la fuite (4), les plaies encore ouvertes dans le haut du dos. Il en est de même du lion : qu’il soit blessé, il devient impossible à contenir.

Point de bien chez qui manque de dignité au point de ne pas chercher à venger l’offense du plus acharné de ses ennemis. Rien n’est plus salutaire au cœur que de tirer vengeance de son adversaire, et nul adversaire ne lui est plus hostile que le diable. Si le cœur appartient à ces hommes qui rivalisent dans l’arène de la gloire, il s’emploiera de toutes ses forces à prendre sa revanche, exaspérera son ennemi jusqu’à l’extrême et le fera dépérir (5). C’est ainsi qu’il a été rapporté des premiers pieux : « Le croyant use son démon comme l’un de vous use sa monture au cours du voyage » (6).

(1) Le manuscrit N lit : « fa-law annahu marra ʿalayhim fî ʿizza » (« s’il passait devant eux dans la dignité »). (2) Les manuscrits H et N portent : « wa-ḥasatuhu » ; c’est une leçon fautive. (3) Le manuscrit H lit : « muqaddaman » (« en avant »). (4) Les manuscrits H et N donnent : « dhalla hâriban » (« humilié, fuyant »). (5) C’est-à-dire : « ahzalahu wa-atʿabahu » (« il l’a rendu maigre et l’a épuisé »). Les manuscrits D, Q, N et T lisent, par altération : « wa-aḍnâhu ». (6) Ce ḥadith est rapporté comme marfûʿ chez Aḥmad (2/380) d’après Abû Hurayra, avec une chaîne de transmission faible. Voir aussi : al-Madâwî (2/414) et al-Silsila aṣ-Ṣaḥîḥa, no 3586.
بماذا يَسْتَدْفِعُ شرَّهم وكيدَهم؛ فلو أنه مرَّ عليهم على غِرَّةٍ (١) وطمأنينةٍ لم يأمن أن يظفروا به ويجتاحُوه جملةً. فصل ومنها: أنَّ القلبَ يكونُ ذاهلًا عن عدوِّه معرضًا عنه، مشتغلًا ببعض مهمَّاته، فإذا أصابه سهمٌ من عدوِّه اسْتَجْمَعَت له قوَّتُه وجأشُه (٢) وحميَّته، وطلب بثأره إن كان قلبُه حرًّا كريمًا، كالرَّجل الشجاع إذا جُرِحَ فإنه لا يقومُ له شيء، بل تراه بعدها هائجًا طالبًا مِقْدامًا (٣)، والقلبُ الجبانُ المَهِينُ إذا جُرِح كالرَّجل الضعيف المَهِين إذا جُرحَ ولى هاربًا (٤) والجِراحاتُ في أكتافه، وكذلك الأسدُ إذا جُرِح فإنه لا يُطاق. فلا خير فيمن لا مروءة له بطلب أخذ ثأره من أعدى عدوِّه، فما شيءٌ أشفى للقلب من أخذه بثأره من عدوِّه، ولا عدوَّ أعدى له من الشيطان، فإن كان من قلوب الرجال المتسابقين في حَلَبة المجد جدَّ في أخذ الثَّأر، وغاظ عدوَّه كلَّ الغَيظ، وأنضاه (٥)، كما جاء عن بعض السَّلف: «إنَّ المؤمن ليُنضِي شيطانَه كما يُنضِي أحدُكم بعيرَه في سفره» (٦).
(١) (ن): «فلو أنه مر عليهم في عزة». (٢) (ح، ن): «وحاسته». وهو تحريف. (٣) (ح): «مقدما». (٤) (ح، ن): «ذل هاربا». (٥) أي: أهزله وأتعبه. وفي (د، ق، ن، ت): «وأضناه»، تحريف. (٦) جاء مرفوعًا عند أحمد (٢/ ٣٨٠) من حديث أبي هريرة بإسنادٍ فيه ضعف. وانظر: «المداوي» (٢/ ٤١٤)، و «السلسلة الصحيحة» (٣٥٨٦).

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