la manière de repousser leur mal et leurs manœuvres ; car, s’il passait près d’eux dans l’imprévoyance (1) et la quiétude, rien ne garantirait qu’ils ne se ruent sur lui et ne le ravagent entièrement.
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Parmi les enseignements encore : il arrive que le cœur, distrait de son ennemi et détourné de lui, soit absorbé par quelque occupation. Qu’une flèche tirée par cet ennemi l’atteigne, et aussitôt ses forces, sa présence d’esprit (2) et sa vaillance se rassemblent ; il réclame vengeance, pour peu que ce cœur soit libre et noble. C’est pareil au brave qui, une fois blessé, ne rencontre plus aucun obstacle : on le voit alors déchaîné, fonçant hardiment en avant (3). Quant au cœur lâche et avili, s’il est touché, il ressemble à l’homme faible et vil qui, blessé, prend la fuite (4), les plaies encore ouvertes dans le haut du dos. Il en est de même du lion : qu’il soit blessé, il devient impossible à contenir.
Point de bien chez qui manque de dignité au point de ne pas chercher à venger l’offense du plus acharné de ses ennemis. Rien n’est plus salutaire au cœur que de tirer vengeance de son adversaire, et nul adversaire ne lui est plus hostile que le diable. Si le cœur appartient à ces hommes qui rivalisent dans l’arène de la gloire, il s’emploiera de toutes ses forces à prendre sa revanche, exaspérera son ennemi jusqu’à l’extrême et le fera dépérir (5). C’est ainsi qu’il a été rapporté des premiers pieux : « Le croyant use son démon comme l’un de vous use sa monture au cours du voyage » (6).