Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

à le prendre constamment en considération, car son effet est prodigieux. S’il ne se trouvait dans les bienfaits que l’on retire d’une faute que celui-ci, cela suffirait amplement.

Qu’on mesure à présent l’écart entre l’état de ce serviteur et celui de l’homme qui ne voit jamais la moindre faveur d’Allah sans estimer qu’il aurait dû recevoir au-delà, quelque chose de plus élevé et de plus noble. Il se dit incapable de protester, et pourtant il prétend braver le décret ; il se croit lésé par le Seigneur, qui — selon lui — ne lui rend pas justice ni ne lui accorde son rang. Pire : il est tout entier porté (1) à contester Sa grâce et Sa perfection ; il s’imagine qu’il aurait dû atteindre les Pléiades et les fouler de la plante des pieds, mais qu’il a été spolié, privé de la part qui lui revenait !

Cette catégorie compte parmi les créatures les plus détestées d’Allah, les plus abhorrées à Ses yeux. La sagesse divine veut qu’ils demeurent perpétuellement rabaissés : tantôt ils reprochent (2) quelque chose au Créateur, tantôt ils se plaignent à Lui ; tantôt ils s’humilient devant les créatures, dépendant d’elles, les servant. Nul n’a le cœur plus absorbé qu’eux par les détenteurs de pouvoir et de charge : ils guettent ce qu’on leur jettera, os décharnés, eaux de rinçage des mains ou de la vaisselle (3). Et nul n’a le cœur plus vide qu’eux de tout commerce avec Allah, de tout détachement pour Lui, de toute délectation à Le consulter dans la prière, de toute quiétude dans Son rappel, de toute fraîcheur d’âme dans Sa crainte et de toute satisfaction en Lui.

Nous cherchons refuge auprès d’Allah contre la disparition de Sa grâce, la perte de Sa santé, le surgissement soudain de Sa vengeance et toute manifestation de Sa colère.

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Parmi les enseignements encore : la faute rend son auteur vigilant et sur ses gardes contre les pièges et les embuscades de son ennemi ; il cherche à savoir par où les voleurs et les brigands s’introduisent, où se trouvent leurs repaires, par où ils font irruption et à quel moment, afin de se préparer, de prendre ses dispositions et de connaître

(1) Il s’agit ici du qadar (la prédétermination). Les manuscrits D, T et Q portent : « bal huwa ḥariyy » (« mais il est plutôt indiqué »). (2) Les copies H et N lisent : « fahum bayna muʿtab » (litt. : « ils se trouvent en butte au reproche »). (3) Les mêmes copies H et N portent : « wa-awsakhihim » (« et leurs souillures »).
بمراعاته، فله تأثيرٌ عجيب. ولو لم يكن في فوائد الذَّنب إلا هذا لكفى به. فأين حالُ هذا مِنْ حال من لا يرى لله عليه نعمةً إلا ويرى أنه كان ينبغي أن يُعطى ما هو فوقها وأجلَّ منها، وأنه لا يَقْدِرُ أن يتكلَّم، وكيف يعاندُ القَدَر وهو مظلومٌ مع الرَّبِّ لا يُنصِفُه ولا يعطيه مرتبتَه، بل هو مُغرًى (١) بمعاندته لفضله وكماله، وأنه كان ينبغي له أن ينال الثُّريَّا ويطأ بأخمصه هنالك، ولكنَّه مظلومٌ مَبْخوسُ الحظِّ؟!! وهذا الضَّربُ من أبغض الخلق إلى الله، وأشدِّهم مقتًا عنده، وحكمةُ الله تقتضي أنهم لا يزالون في سَفَال، فهم بين تعتُّبٍ (٢) على الخالق، وشكوى له، وذلٍّ لخلقه، وحاجةٍ إليهم، وخدمةٍ لهم، أشغلُ النَّاس قلوبًا بأرباب الولايات والمناصب، ينتظرون ما يقذفون به إليهم من عظامهم وغُسَالة أيديهم وأوانيهم (٣)، وأفرغُ النَّاس قلوبًا عن معاملة الله، والانقطاع إليه، والتلذُّذ بمناجاته، والطُّمأنينة بذكره، وقُرَّة العين بخشيته، والرِّضا به. فعياذًا بالله من زوال نعمته، وتحوُّل عافيته، وفجأة نقمته، ومن جميع سخطه. فصل ومنها: أنَّ الذَّنبَ يوجبُ لصاحبه التيقُّظ والتحرُّز من مصايد عدوِّه ومكامنه، ومن أين يدخلُ عليه اللصوصُ والقُطَّاعُ ومكامِنُهم، ومن أين يخرجون عليه، وفي أيِّ وقتٍ يخرجون، فهو قد استعدَّ لهم وتأهَّب، وعرف
(١) أي القَدَر. وفي (د، ت، ق): «بل هو حري». (٢) (ح، ن): «فهم بين معتب». (٣) (ح، ن): «وأوساخهم».

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