Contemple donc comment le cœur se met à bondir de joie, alors même que tu ignores d’où provient cette allégresse. Seul un cœur vivant peut en éprouver le frémissement ; quant au cœur mort, il ne ressent la joie qu’au moment où il parvient à commettre le péché, et ne connaît aucune allégresse en dehors de celle-là.
Mets donc en balance ces deux sortes de joie ; considère ce qu’engendre la jubilation d’avoir obtenu le péché : tristesses, soucis, angoisses et calamités de toutes sortes. Qui donc échangerait l’euphorie d’une heure contre une affliction sans fin ? Considère au contraire ce qu’entraîne la joie d’avoir accompli l’obéissance et d’avoir fait un repentir sincère : ouverture permanente du cœur, félicité et douceur de vivre. Pèse l’une et l’autre, puis choisis ce qui te convient et te sied le mieux ; « chacun agit selon sa propre nature ».
Et tout homme penche vers ce qui lui ressemble (1).
Section
Parmi les enseignements encore : lorsqu’il prend conscience de ses fautes, de ses désobéissances et de la négligence qu’il a manifestée à l’égard du droit de son Seigneur, le serviteur considère comme immense le moindre des bienfaits que Dieu lui accorde — et aucun d’eux n’est insignifiant — car il sait que ce qui lui en parvient (2) est déjà considérable pour un pécheur tel que lui. Inversement, il juge dérisoire l’abondance même de ses propres œuvres, sachant que ce qui devrait laver ses impuretés, ses souillures et ses ordures exigerait des actes bien plus nombreux que ceux qu’il accomplit. Ainsi, quels que soient ses efforts, il les voit toujours insuffisants, tandis que la grâce de Dieu, fût-elle minime, lui paraît incommensurable.
Nous avons déjà signalé cet aspect (3), qui compte parmi les plus subtils ; aussi, applique-toi