une pudeur mêlée de frayeur, et même le retour repentant, l’amour, le désintéressement (1) et la fuite vers Allah – autant de dispositions intérieures qu’une multitude d’actes cultuels ne réussissent pas toujours à éveiller.
Combien de fois un péché a-t-il été la cause de la rectitude d’un serviteur, de sa fuite vers Allah et de son éloignement des voies de l’égarement ! C’est l’image d’un malade dont le tempérament s’est déréglé : il ressent un malaise alors que, sans le savoir, des humeurs chroniques et mortelles couvaient en lui. Il boit un remède qui élimine ces humeurs putrides ; si elles étaient restées, elles l’auraient inéluctablement conduit à la corruption et à la perte.
Lorsque la miséricorde, la bienveillance et la sollicitude d’Allah atteignent Son serviteur à ce degré – et à des formes encore plus étonnantes et plus délicates – il est juste que tout l’amour Lui soit voué, que toute l’obéissance Lui appartienne ; qu’Il soit mentionné et jamais oublié, obéi et jamais désobéi, remercié et jamais renié.
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Parmi les enseignements encore : que le serviteur reconnaisse la valeur de la grâce qu’est la santé préservée et l’honneur qu’Il lui fait en le guidant et en le protégeant. Celui qui a grandi dans le bien-être ignore ce que l’éprouvé endure et ne mesure pas l’étendue de la faveur.
Si les gens qui obéissent à Allah savaient qu’ils sont, en vérité, les bénéficiaires du bienfait véritable, qu’Allah attend d’eux une gratitude infiniment plus grande que celle exigée des autres – même s’ils devaient reposer leur tête sur la poussière et mâcher des cailloux – ils sauraient qu’ils sont les véritables comblés. Quant à celui qu’Allah abandonne à ses désobéissances, il est déchu de Sa considération et devenu insignifiant à Ses yeux ; cela ne procède nullement d’une quelconque dignité auprès de son Seigneur, quand bien même Allah lui élargirait ses moyens en ce monde (2) et lui en ouvrirait les portes. Ceux-là sont, en réalité, les véritables éprouvés.