Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

une pudeur mêlée de frayeur, et même le retour repentant, l’amour, le désintéressement (1) et la fuite vers Allah – autant de dispositions intérieures qu’une multitude d’actes cultuels ne réussissent pas toujours à éveiller.

Combien de fois un péché a-t-il été la cause de la rectitude d’un serviteur, de sa fuite vers Allah et de son éloignement des voies de l’égarement ! C’est l’image d’un malade dont le tempérament s’est déréglé : il ressent un malaise alors que, sans le savoir, des humeurs chroniques et mortelles couvaient en lui. Il boit un remède qui élimine ces humeurs putrides ; si elles étaient restées, elles l’auraient inéluctablement conduit à la corruption et à la perte.

Lorsque la miséricorde, la bienveillance et la sollicitude d’Allah atteignent Son serviteur à ce degré – et à des formes encore plus étonnantes et plus délicates – il est juste que tout l’amour Lui soit voué, que toute l’obéissance Lui appartienne ; qu’Il soit mentionné et jamais oublié, obéi et jamais désobéi, remercié et jamais renié.

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Parmi les enseignements encore : que le serviteur reconnaisse la valeur de la grâce qu’est la santé préservée et l’honneur qu’Il lui fait en le guidant et en le protégeant. Celui qui a grandi dans le bien-être ignore ce que l’éprouvé endure et ne mesure pas l’étendue de la faveur.

Si les gens qui obéissent à Allah savaient qu’ils sont, en vérité, les bénéficiaires du bienfait véritable, qu’Allah attend d’eux une gratitude infiniment plus grande que celle exigée des autres – même s’ils devaient reposer leur tête sur la poussière et mâcher des cailloux – ils sauraient qu’ils sont les véritables comblés. Quant à celui qu’Allah abandonne à ses désobéissances, il est déchu de Sa considération et devenu insignifiant à Ses yeux ; cela ne procède nullement d’une quelconque dignité auprès de son Seigneur, quand bien même Allah lui élargirait ses moyens en ce monde (2) et lui en ouvrirait les portes. Ceux-là sont, en réalité, les véritables éprouvés.

(1) (T) : « et les effets ». (2) (N) : « et s’Il lui accorde une aisance dans ce monde ».
والإنابة والمحبة والإيثار (١) والفرار إلى الله ما لا يَهِيجُه له كثيرٌ من الطَّاعات. وكم من ذنبٍ كان سببًا لاستقامة العبد وفراره إلى الله وبُعْده عن طرق الغيِّ، وهو بمنزلة من خَلَط فأحسَّ بسوء مِزاجه، وكان عنده أخلاطٌ مُزْمِنةٌ قاتلةٌ وهو لا يشعُر بها، فشرب دواءً أزال تلك الأخلاط العَفِنَة التي لو دامت لترامت به إلى الفساد والعطب. وإنَّ من تبلغُ رحمتُه ولطفُه وبرُّه بعبده هذا المبلغَ وما هو أعجبُ وألطفُ منه، فحقيقٌ به أن يكون الحبُّ كلُّه له، والطَّاعةُ كلُّها له، وأن يُذْكَر فلا يُنسى، ويُطاع فلا يُعصى، ويُشْكَر فلا يُكْفَر. فصل ومنها: أن يعرف العبد مقدار نعمة معافاته وفضله في توفيقه له وحفظه إياه؛ فإنه من تربَّى في العافية لا يعلمُ ما يقاسيه المبتلى، ولا يعرفُ مقدار النِّعمة. فلو عرف أهلُ طاعة الله أنهم هم المُنْعَمُ عليهم في الحقيقة، وأنَّ لله عليهم من الشُّكر أضعافَ ما على غيرهم، وإن توسَّدوا التُّرابَ ومَضَغوا الحصى، فهم أهلُ النعمة المطلقة، وأنَّ من خلَّى اللهُ بينه وبين معاصيه فقد سقط من عينه وهان عليه، وأنَّ ذلك ليس مِنْ كرامته على ربِّه، وإنْ وسَّع اللهُ عليه في الدُّنيا (٢) ومَدَّ له من أسبابها، فإنهم أهلُ الابتلاء على الحقيقة.
(١) (ت): «والآثار». (٢) (ن): «وإن وسع له في الدنيا».

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