Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

par le bienfait, et quiconque sait que le péché et l’offense font partie intégrante de la nature humaine ne ressent plus comme énorme le tort que les autres lui causent.

Qu’il médite donc sa propre situation vis-à-vis d’Allah : que vaut-il, lui, alors que son Seigneur le comble de bienfaits tandis qu’il dépend entièrement de Lui ? C’est pourtant ainsi qu’il se conduit à Son égard (1). Dès lors, si le serviteur se comporte ainsi envers son Seigneur, comment s’étonnerait-il que les gens se comportent de la même manière envers lui ?!

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Parmi ces enseignements encore : il prête désormais des excuses aux créatures (2), sa miséricorde à leur égard s’élargit, son for intérieur se dilate (3) et disparaissent cette crispation, cette étroitesse, cette gêne (4) – ce tourment qui le rongeait. Les pécheurs, alors, ne subissent plus ses imprécations, son qunût (5) contre eux ni ses demandes à Allah de les engloutir sous terre ou de déchaîner sur eux les calamités ; car il se voit désormais comme l’un d’eux : il implore pour eux ce qu’il implore pour lui-même, et lorsqu’il prie pour la repentance, le pardon et l’indulgence, il les inclut dans sa requête. Il espère pour eux davantage encore qu’il n’espère pour lui-même, et il craint pour sa propre personne plus qu’il ne craint pour eux.

Quelle différence avec son état précédent, lorsqu’il les regardait d’un œil de mépris et de dédain, sans éprouver dans son cœur ni miséricorde pour eux, ni prière en leur faveur, ni espoir de les voir sauvés !"}

(1) Dans le manuscrit N, on lit : « Et telle est sa condition. » (2) Dans la marge du manuscrit N, on trouve : « Peut-être : il accepte. » (3) Les manuscrits Q et T portent « wa-yatafarraj biṭânahu ». Autrement dit : sa poitrine se dilate (il se sent soulagé). Les Arabes disent : « iltaqat ḥalaqatâ al-biṭân » pour une affaire qui atteint l’extrême de la dureté ; al-biṭân désigne la courroie qui entoure le ventre. Cf. Lisân (racine b-ṭ-n) ; Ǧumhurat al-amthâl, 1/188. (4) Les manuscrits de base lisent « wa-l-inḥirâf » (et la déviation), mais la leçon retenue paraît plus juste. Voir Zâd al-Maʿâd, 2/24. (5) L’expression « wa-qunûtuhu ʿalayhim » n’apparaît pas dans le manuscrit T.
بالإحسان، ومن عَلِمَ أنَّ الذُّنوبَ والإساءة لازمةٌ للإنسان لم تعظُم عنده إساءةُ النَّاس إليه. فليتأمَّل هو حاله مع الله، كيف هي، مع فَرْط إحسانه إليه وحاجته هو إلى ربِّه، وهكذا هو له (١)؛ فإذا كان العبدُ هكذا لربِّه فكيف يُنكِرُ أن يكون النَّاسُ له بتلك المنزلة؟! فصل ومنها: أنه يقيمُ (٢) معاذيرَ الخلائق، وتتَّسعُ رحمتُه لهم، وينفرِجُ بِطانُه (٣)، ويزولُ عنه ذلك الحَصَرُ والضِّيقُ والانحراجُ (٤) وأكلُ بعضِه بعضًا، ويستريحُ العصاةُ من دعائه عليهم، وقُنوته عليهم (٥)، وسؤال الله أن يخسِف بهم الأرض ويسلِّط عليهم البلاء؛ فإنه حينئذٍ يرى نفسَه واحدًا منهم، فهو يسألُ الله لهم ما يسأله لنفسه، وإذا دعا لنفسه بالتَّوبة والمغفرة والعفو أدخلهم معه؛ فيرجو لهم فوق ما يرجو لنفسه، ويخافُ على نفسه أكثر مما يخافُ عليهم. فأين هذا مِنْ حاله الأولى وهو ناظرٌ إليهم بعَين الاحتقار والازدراء، لا يجدُ في قلبه رحمةً لهم ولا دعوةً ولا يرجو لهم نجاةً؟!
(١) (ن): «وهكذا هو حاله». (٢) في طرة (ن): «لعله: يقبل». (٣) (ق، ت): «ويتفرج بطانه». أي: يتسع صدره. تقول العرب: «التقت حلقتا البِطان» للأمر يبلغ الغاية في الشِّدَّة. والبِطانُ: الحزامُ الذي يلي البطن. انظر: «اللسان» (بطن)، و «جمهرة الأمثال» (١/ ١٨٨). (٤) في الأصول: «والانحراف». والمثبت أشبه. انظر: «زاد المعاد» (٢/ ٢٤). (٥) «وقنوته عليهم» ليس في (ت).

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