Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

N’oublie pas l’histoire de cet homme à qui les anges vinrent ôter l’âme. On lui demanda : « As-tu accompli quelque bien ? As-tu posé un acte vertueux ? » Il répondit : « Je n’en ai pas souvenir. » On insista : « Réfléchis. » Il dit : « J’avais coutume de commercer avec les gens ; lorsque je traitais avec un débiteur aisé, je lui accordais un délai, et je remettais la dette de celui qui était dans la gêne – ou bien il disait : j’ordonnais à mes serviteurs d’être indulgents lors du recouvrement (1). » Alors Allah déclara : « Nous sommes plus dignes que toi d’exercer cette indulgence. » Et Il passa l’éponge sur ses fautes (2).

Ainsi, Allah traite le serviteur pour ses péchés comme le serviteur traite les gens pour les leurs.

Lorsque le serviteur prend conscience de cela, il découvre dans l’épreuve que constituent ses propres fautes (3) des sagesses et des bienfaits qui comptent parmi les choses les plus profitables pour lui (4).

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Parmi ces enseignements encore : s’il comprend et qu’il fait le bien à celui qui l’a offensé, sans lui rendre son offense par une autre semblable (5), il s’expose par là à recevoir la même bienveillance de la part de son Seigneur ; le Très-Haut répondra alors à ses offenses et à ses péchés par Sa bonté (6), de la même manière que lui-même répondait à l’offense des créatures par la bienfaisance. Or, la grâce d’Allah est plus vaste, Sa générosité plus noble et Ses dons plus abondants.

Celui donc qui désire qu’Allah réponde à ses offenses par le bienfait, qu’il réponde lui-même au tort que lui causent les gens par le bienfait

(1) Il s’agit des dinars et dirhams frappés (monnaie métallique) ; cf. Ibn al-Athir, al-Nihaya, entrée « sikkak ». Dans la version rapportée par Muslim on lit : « dans la monnaie frappée ou dans la monnaie courante ». (2) Ḥadith rapporté par al-Bukhari, n° 2077, et Muslim, n° 1560, d’après Hudhayfa. (3) Mss. H et N : « Son épreuve résultait des péchés. » (4) Mss. H et N : « ce qui lui est le plus profitable. » (5) Ms. N : « sans lui rendre une offense équivalente. » (6) Mss. H, T et N : « ainsi que ses fautes et ses bienfaits. »
ولا تنسَ حال الذي قبضت الملائكةُ روحَه، فقيل له: هل عملتَ خيرًا؟ هل عملتَ حسنةً؟ قال: ما أعلمُه. قيل: تذكَّرْ. قال: كنتُ أبايعُ النَّاسَ فكنتُ أُنظِرُ المُوسِرَ وأتجاوزُ عن المُعْسِر. أو قال: كنتُ آمر فتياني أن يتجاوزوا في السِّكَّة (١). فقال الله: نحن أحقُّ بذلك منك. وتجاوَز عنه (٢). فالله ﷿ يعامِلُ العبدَ في ذنوبه بمثل ما يعامِلُ به العبدُ النَّاسَ في ذنوبهم. فإذا عرف العبدُ ذلك كان في ابتلائه بالذُّنوب (٣) من الحِكَم والفوائد ما هو مِنْ أنفع الأشياء له (٤). فصل ومنها: أنه إذا عَرَف فأحسَن إلى من أساء إليه، ولم يقابلهُ بإساءته إساءةً مثلها (٥) تعرَّض بذلك لمثلها من ربِّه تعالى، وأنه سبحانه يقابلُ إساءته وذنوبه بإحسانه (٦)، كما كان هو يقابلُ بذلك إساءة الخلق إليه، والله أوسعُ فضلًا وأكرمُ وأجزلُ عطاءً. فمن أحبَّ أن يقابل الله إساءته بالإحسان فليقابل هو إساءة النَّاس إليه
(١) وهي الدَّنانير والدراهم المضروبة. «النهاية» (سكك). وفي رواية مسلم: «في السِّكَّة أو في النقد». (٢) أخرجه البخاري (٢٠٧٧) ومسلم (١٥٦٠) من حديث حذيفة. (٣) (ح، ن): «كان ابتلاؤه بالذنوب». (٤) (ح، ن): «ما هو أنفع الأشياء له». (٥) (ن): «ولم يقابله بإساءته مثلها». (٦) (ح، ت، ن): «وذنوبه وإحسانه».

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