Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

par suite de ce qu’ont acquis ses propres mains, tandis qu’Allah en absout encore bien davantage ; et il a été rapporté : « Jamais une épreuve ne survient sans un péché, et elle n’est levée que par un repentir » (1).

C’est pour cela qu’Allah a instauré les calamités, les afflictions et les épreuves comme une miséricorde au milieu de Ses serviteurs ; Il efface par elles une partie de leurs fautes. Elles comptent donc parmi Ses plus grands bienfaits à leur égard, même si leurs âmes les abhorrent. Le serviteur ne sait d’ailleurs pas laquelle des deux grâces qui l’atteignent est la plus considérable : celle qu’il trouve dans ce qu’il déteste, ou celle qu’il trouve dans ce qu’il aime. Il a encore été rapporté : « Il n’atteint le croyant ni souci, ni fatigue, ni nuisance – fût-ce l’épine qui le pique – sans qu’Allah n’efface par là une part de ses péchés » (2).

Or, puisque les péchés appellent inévitablement des châtiments, tout ce dont le serviteur est puni ici-bas avant la mort lui est de beaucoup préférable, plus léger et infiniment plus facile que ce qui le toucherait ensuite.

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Parmi ces enseignements figure encore ceci : que le serviteur traite ses semblables, lorsqu’ils le blessent ou trébuchent à son égard, de la façon même dont il aimerait qu’Allah le traite pour ses propres offenses, ses manquements et ses péchés. En effet, la rétribution est à l’image de l’acte : quiconque pardonne, Allah lui pardonne ; celui qui fait grâce à son frère pour l’offense subie, Allah lui fera grâce pour la sienne (3) ; celui qui ferme les yeux et passe outre, Allah passera outre le concernant ; et celui qui réclame l’intégralité de ses droits, Allah exigera l’intégralité des Siens à son égard.

(1) Comme l’a déclaré al-ʿAbbās b. ʿAbd al-Muṭṭalib lorsque ʿUmar (qu’Allah l’agrée) demanda la pluie par son entremise ; rapporté par ad-Dīnawarī, al-Mudjālasa, n° 727, et par Ibn ʿAsākir, Tārīkh Dimashq, t. 26, p. 359, avec une chaîne de transmission très faible. Voir aussi : Fatḥ al-Bārī, t. 2, p. 497. (2) Rapporté par al-Bukhārī, n° 5641, et Muslim, n° 2573, d’après Abū Saʿīd et Abū Hurayra. (3) Les manuscrits T et Q lisent : « dans ses mauvaises actions ».
بما كسبت يداه وما يعفو الله عنه أكثر، و «ما نزل بلاءٌ قطُّ إلا بذنبٍ ولا رُفِع إلا بتوبة» (١). ولهذا وضع اللهُ المصائبَ والبلايا والمحن رحمةً بين عباده يكفِّرُ بها مِنْ خطاياهم، فهي من أعظم نِعَمه عليهم وإن كرهتها أنفسُهم، ولا يدري العبدُ أيُّ النعمتين عليه أعظم: نعمتُه عليه فيما يكره، أو نعمتُه عليه فيما يحبُّ؟ و «ما يصيبُ المؤمن من همٍّ ولا وَصَبٍ ولا أذًى، حتى الشوكة يُشاكُها إلا كفَّر الله بها من خطاياه» (٢). وإذا كان للذُّنوب عقوباتٌ ولا بدَّ، فكلُّ ما عُوقِب به العبدُ من ذلك قبل الموت خيرٌ له مما بعده وأيسرُ وأسهلُ بكثير. فصل ومنها: أن يعامِل العبدُ بني جنسه في إساءتهم إليه وزلاتهم معه بما يحبُّ أن يعامله الله به في إساءته وزلَّاته وذنوبه؛ فإنَّ الجزاء من جنس العمل؛ فمن عفا عفا الله عنه، ومن سامح أخاه في إساءته إليه سامحه الله في إساءته (٣)، ومن أغضى وتجاوز تجاوز اللهُ عنه، ومن استقصى استقصى اللهُ عليه.
(١) كما قال العباس بن عبد المطلب حين استسقى به عمر ﵄، فيما أخرجه الدينوري في «المجالسة» (٧٢٧)، وابن عساكر في «تاريخ دمشق» (٢٦/ ٣٥٩) بإسناد ضعيفٍ جدًّا. وانظر: «الفتح» (٢/ ٤٩٧). (٢) أخرجه البخاري (٥٦٤١)، ومسلم (٢٥٧٣) من حديث أبي سعيد وأبي هريرة. (٣) (ت، ق): «في سيئاته».

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