— quelle station occupe alors ce cœur, ô Allah ? Quelle proximité lui est accordée ? Quel délice atteint-il ? Quel souffle de quiétude le pénètre !
Considère à présent la brisure née du péché qui s’est produite en ce lieu : quelle chose étonnante, et combien remarquable est son effet !
Vois comment elle est venue anéantir (1) de son âme toute revendication, toute présomption et toute espérance illusoire ; puis elle lui a imposé la pudeur et la honte à l’égard même de ses bonnes œuvres ; ensuite elle l’a conduit à juger immense le peu de bienfaits qui lui parviennent de son Seigneur, sachant que sa propre valeur est moindre encore et qu’il ne les mérite nullement ; enfin, elle l’a amené à tenir pour insignifiantes, face à ses péchés (2) et à ses fautes qui réclament des expiations et des effacements plus grands encore, des œuvres vertueuses qui couvriraient pourtant des montagnes.
Ainsi, tout en persévérant dans la bienfaisance, il se considère lui-même comme le coupable pécheur, brisé, humble et soumis ; il n’ose ni lever la tête ni bomber la poitrine (3). Or c’est précisément ce péché, qu’il a commis de sa propre main, qui l’a conduit à cette humilité héritée : quel remède pourrait donc lui être plus salutaire que celui-ci ?
Peut-être ton blâme aura-t-il des conséquences louables…
Bien des corps n’ont recouvré la santé que par les maladies. (4)
Le point essentiel ici est que, chaque fois que le serviteur contemple sa propre droiture et sa rectitude, il retrousse le nez, son âme se gonfle d’orgueil, il s’imagine que…, que… ; mais lorsqu’il est éprouvé par le péché, son âme se rapetisse à ses yeux, il s’abaisse, se soumet, et il acquiert la pleine certitude que…, que… ! (5)