Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

Celle-ci tire du cœur de l’amant toutes sortes d’actes de rapprochement, de prévenance, de suppliante dévotion, d’altruisme, de contentement, de louange, de gratitude, de patience, d’élan en avant et d’endurance face aux plus grandes épreuves, que ni la seule crainte ni la seule espérance ne sauraient susciter. Comme l’a dit l’un des Compagnons : « L’amour qu’Il m’inspire fait jaillir de mon cœur, pour Son obéissance, ce que Sa crainte ne saurait en extraire » (1), ou une parole de sens voisin.

Telle est l’humilité des aimants.

  1. L’humilité née du péché. Lorsque celle-ci vient se joindre à la précédente, les formes extérieures s’effacent, les âmes se dissolvent, les forces (2) s’éteignent, toutes les prétentions s’annulent, les vanités s’évanouissent, les extravagances s’écroulent, et disparaît du cœur comme de la langue le « moi, moi ». Le pauvre serviteur cesse alors de se plaindre d’être tenu à l’écart, d’être ignoré ou délaissé ; la contemplation se dépouille de tout voile et il ne subsiste plus que la vision de la souveraine puissance et majesté dont le Possesseur de majesté et de munificence est l’unique détenteur, Majesté que nulle créature ne partage, ne fût-ce qu’à l’échelle d’un atome ; et, en vis-à-vis, la vision de la pure bassesse et indigence de l’homme, sous tous les angles et à tous égards. Il voit alors l’extrême de son propre abaissement et de son brisement, et la gloire, la majesté, la grandeur, la puissance et la richesse de son Bien-Aimé.

Lorsque ces deux visions se dégagent pour lui à l’état pur, qu’il ne reste en lui pas la moindre parcelle d’humiliation, de pauvreté et de besoin envers son Seigneur qu’il ne constate effectivement (3), tout en contemplant en face l’attribut correspondant là-haut, — à Allah, quelle

(1) Al-Bayhaqi l’a rapporté dans Shuʿab al-îmân, 2/363, par l’intermédiaire d’al-Fudayl b. ʿIyâḍ, d’un «savant parmi les sages». La même narration figure chez Ibn al-Mubârak, Az-Zuhd, p. 219, reprise par Abû Nuʿaym dans Ḥilyat al-awliyâʾ, 4/54, par la chaîne de Wahb b. Munabbih, toujours «d’un sage parmi les sages». Abû Tâlib, pour sa part, l’attribue à Suhayb dans Qût al-qulûb, 2/90. — Voir également Ibn al-Qayyim, Badâʾiʿ al-fawâʾid, p. 95, et la référence qui suivra p. 1082. (2) Ms. H : «al-qulûb» (les cœurs). (3) Mss. H et N : «illâ shâhidahâ fîhi bil-ʿaql» («sinon que la raison y en témoigne»).
وهذا يستخرجُ مِنْ قلب المُحِبِّ من أنواع التقرُّب والتودُّد والتملُّق والإيثار والرِّضا والحمد والشُّكر والصَّبر والتقدُّم وتحمُّل العظائم ما لا يستخرجُه الخوفُ وحده، ولا الرَّجاءُ وحده؛ كما قال بعض الصَّحابة: «إنه ليسْتَخْرِجُ محبتُه من قلبي من طاعته ما لا يستخرجُه خوفُه» (١) أو كما قال. فهذا ذلُّ المحبِّين. الثَّاني: ذلُّ المعصية؛ فإذا انضاف هذا إلى هذا هناك فَنِيَت الرُّسوم، وتلاشَت الأنفُس، واضمحلَّت القُوى (٢)، وبطَلَت الدَّعاوى جملة، وذهبت الرُّعونات، وطاحت الشَّطحات، ومُحِيَ من القلب واللسان: أنا وأنا، واستراح المسكينُ من شكاوى الصُّدود والإعراض والهجر، وتجرَّد الشُّهود، فلم يبق إلا شهودُ العزِّ والجلال المحض الذي تفرَّد به ذو الجلال والإكرام، الذي لا يشاركه أحدٌ من خلقه في ذرَّةٍ من ذرَّاته، وشهودُ الذُّلِّ والفقر المحض من جميع الوجوه بكلِّ اعتبار؛ فيشهدُ غاية ذلِّه وانكساره، وعزَّة محبوبه وجلاله وعظمته وقدرته وغِناه. فإذا تجرَّد له هذان الشُّهودان، ولم يبق ذرَّةٌ من ذرَّات الذُّلِّ والفقر والضرورة إلى ربِّه شَهِدَها فيه بالفعل (٣)، وقد شَهِد مقابِلها هناك= فلِلَّه أيَّ
(١) أخرجه البيهقي في «شعب الإيمان» (٢/ ٣٦٣) عن الفضيل بن عياض، عن حكيمٍ من الحكماء. وأخرجه ابن المبارك في الزهد (٢١٩) - ومن طريقه أبو نعيم في «الحلية» (٤/ ٥٤) - عن وهب بن منبه عن حكيمٍ من الحكماء. ونسبه أبو طالب في «قوت القلوب» (٢/ ٩٠) لصهيب ﵁. وانظر: «بدائع الفوائد» (٩٥)، وما سيأتي (ص: ١٠٨٢). (٢) (ح): «القلوب». (٣) (ح، ن): «إلا شاهدها فيه بالعقل».

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