Celle-ci tire du cœur de l’amant toutes sortes d’actes de rapprochement, de prévenance, de suppliante dévotion, d’altruisme, de contentement, de louange, de gratitude, de patience, d’élan en avant et d’endurance face aux plus grandes épreuves, que ni la seule crainte ni la seule espérance ne sauraient susciter. Comme l’a dit l’un des Compagnons : « L’amour qu’Il m’inspire fait jaillir de mon cœur, pour Son obéissance, ce que Sa crainte ne saurait en extraire » (1), ou une parole de sens voisin.
Telle est l’humilité des aimants.
- L’humilité née du péché. Lorsque celle-ci vient se joindre à la précédente, les formes extérieures s’effacent, les âmes se dissolvent, les forces (2) s’éteignent, toutes les prétentions s’annulent, les vanités s’évanouissent, les extravagances s’écroulent, et disparaît du cœur comme de la langue le « moi, moi ». Le pauvre serviteur cesse alors de se plaindre d’être tenu à l’écart, d’être ignoré ou délaissé ; la contemplation se dépouille de tout voile et il ne subsiste plus que la vision de la souveraine puissance et majesté dont le Possesseur de majesté et de munificence est l’unique détenteur, Majesté que nulle créature ne partage, ne fût-ce qu’à l’échelle d’un atome ; et, en vis-à-vis, la vision de la pure bassesse et indigence de l’homme, sous tous les angles et à tous égards. Il voit alors l’extrême de son propre abaissement et de son brisement, et la gloire, la majesté, la grandeur, la puissance et la richesse de son Bien-Aimé.
Lorsque ces deux visions se dégagent pour lui à l’état pur, qu’il ne reste en lui pas la moindre parcelle d’humiliation, de pauvreté et de besoin envers son Seigneur qu’il ne constate effectivement (3), tout en contemplant en face l’attribut correspondant là-haut, — à Allah, quelle