du Pourvoyeur ; de même, la créature prise en pitié et toutes les causes de la miséricorde se rattachent au Miséricordieux (1), les choses visibles et audibles à l’Audient et Clairvoyant, et il en va ainsi pour chacun de Ses Noms.
Si donc, parmi Ses serviteurs, il ne se trouvait personne qui faute ou désobéisse, puis se repente, afin qu’Il l’accueille, lui pardonne et l’absolve, l’effet de Ses Noms le Tout-Pardonnant, l’Absoluteur, le Longanime, l’Accueillant au repentir et consorts ne paraîtrait jamais.
Or la manifestation de ces Noms et de leurs corrélats dans la création est identique à celle des autres Noms sublimes : de même que Son Nom « le Créateur » implique une créature, « le Producteur » un être produit, et « le Formateur » un être formé, inévitablement, de même Ses Noms « le Grand Pardonneur, l’Accueillant au repentir, l’Absoluteur, le Longanime » exigent un serviteur à qui Il pardonne (2) ainsi que ce qu’Il lui pardonne ; un repentant qu’Il accueille et les actes pour lesquels Il accepte son repentir ; un homme envers qui Il fait preuve de mansuétude et qu’Il absout, ainsi que l’objet même de cette mansuétude et de cette absolution. Ces notions sont par essence relationnelles ; leur signification suppose donc ce à quoi elles se rapportent.
C’est là une question trop vaste (3) pour être pleinement circonscrite ; l’esprit avisé se contente d’en recueillir l’essentiel, tandis que celui dont le voile est épais se trouve dans une vallée et nous dans une autre.
« Et quand bien même le tamaris de la vallée nous réunirait,
nul n’ignore que l’armoise n’est pas la lavande » (4)