Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

aucune de plus parfaite ni de plus grandiose que cette joie ; comme nous l’exposerons et le confirmerons plus en détail, si Allah le veut, dans les lignes qui suivent (1). Sans l’amour absolu qu’Il voue au repentir et à ceux qui le pratiquent, pareille allégresse n’aurait pas vu le jour.

Il est d’ailleurs évident qu’un effet ne saurait survenir sans sa cause : existe-t-il un corrélat privé de ce qui lui est inhérent, ou une finalité dépourvue du moyen qui y conduit ?!

Tel est le sens de la parole d’un des maîtres spirituels : « Si le repentir n’était pas ce qu’Il aime le plus, Il n’aurait pas éprouvé par la faute la créature qui Lui est la plus chère. » (2)

Le repentir constitue donc l’ultime accomplissement de tout fils d’Adam, puisque c’est par lui que leur père lui-même a atteint la perfection. Voyez la différence entre sa condition lorsque son Seigneur lui dit : « Il t’est garanti qu’ici tu ne connaîtras ni la faim ni la nudité, et que tu n’y souffriras ni la soif ni l’ardeur du soleil » (Tâ-Hâ, 118-119) et cette autre parole : « Puis son Seigneur l’élut, agréa son repentir et le guida » (Tâ-Hâ, 122) !

La première situation était un état de simple nourriture, de boisson et de jouissance ; la seconde, un état d’élection, de prédilection et de guidée – quelle distance entre les deux !

Parce que sa perfection s’est réalisée par le repentir, celle de ses descendants ne saurait s’accomplir que de la même manière, comme l’affirme le Très-Haut : « afin qu’Allah châtie les hypocrites, hommes et femmes, ainsi que les idolâtres, hommes et femmes, et qu’Il accueille le repentir des croyants et des croyantes » (Al-Ahzâb, 73).

(1) Cela ne se rencontre pas dans le reste de l’ouvrage ; voir notre remarque dans l’introduction. (2) Rapporté par al-Khatib al-Baghdadi, Az-Zuhd, p. 114 (éd. Muntakhab), d’après Yahya b. Muʿadh, sous la forme : « Si le pardon ne comptait pas parmi les choses qu’Il aime le plus… ». Cf. Sifat as-safwa, t. 4, p. 92. La version avec le terme « repentance » figure dans les œuvres d’Ibn Taymiyya, puis, à sa suite, chez l’auteur : Minhaj as-sunna, t. 2, p. 432 et t. 6, p. 210 ; Majmuʿ al-fatawa, t. 10, p. 294 ; Jamiʿ al-masaʾil, t. 4, p. 41 ; Tariq al-hijratayn, p. 510 ; Madarij as-salikin, t. 1, p. 297 ; Shifaʾ al-ʿalil, p. 617.
أكملُ ولا أعظمُ من هذا الفرح، كما سنوضِّحُ ذلك ونزيدُه تقريرًا عن قريبٍ إن شاء الله (١)، ولولا المحبةُ التامَّةُ للتَّوبة ولأهلها لم يحصل هذا الفرح. ومن المعلوم أنَّ وجود المُسَبَّب بدون سببه ممتنع، وهل يوجدُ ملزومٌ بدون لازمه، أو غايةٌ بدون وسيلتها؟! وهذا معنى قول بعض العارفين: «لو لم تكن التَّوبةُ أحبَّ الأشياء إليه لما ابتلى بالذَّنب أكرمَ المخلوقات عليه» (٢). فالتَّوبةُ هي غايةُ كمال كلِّ آدميٍّ، وإنما كان كمالُ أبيهم بها، فكم بين حاله وقد قيل له: ﴿إِنَّ لَكَ أَلَّا تَجُوعَ فِيهَا وَلَا تَعْرَى (١١٨) وَأَنَّكَ لَا تَظْمَأُ فِيهَا وَلَا تَضْحَى﴾ [طه: ١١٨ - ١١٩] وبين قوله: ﴿ثُمَّ اجْتَبَاهُ رَبُّهُ فَتَابَ عَلَيْهِ وَهَدَى﴾ [طه: ١٢٢]! فالحالُ الأوَّلُ حالُ أكلٍ وشربٍ وتمتُّع، والحالُ الأخرى حالُ اجتباءٍ واصطفاءٍ وهداية، فيا بُعْدَ ما بينهما! ولمَّا كان كمالُه بالتَّوبة كان كمالُ بَنِيه أيضًا بها، كما قال تعالى: ﴿لِيُعَذِّبَ اللَّهُ الْمُنَافِقِينَ وَالْمُنَافِقَاتِ وَالْمُشْرِكِينَ وَالْمُشْرِكَاتِ وَيَتُوبَ اللَّهُ عَلَى الْمُؤْمِنِينَ وَالْمُؤْمِنَاتِ﴾ [الأحزاب: ٧٣].
(١) لم يقع ذلك في باقي الكتاب. وانظر ما كتبناه في المقدمة. (٢) أخرجه الخطيب في «الزهد» (١١٤ - منتخبه) عن يحيى بن معاذ، بلفظ: «لولا أن العفو من أحب الأشياء إليه ... ». وانظر: «صفة الصفوة» (٤/ ٩٢). وهو بلفظ التوبة في مصنفات ابن تيمية، وعنه المصنف. انظر: «منهاج السنة» (٢/ ٤٣٢، ٦/ ٢١٠)، و «مجموع الفتاوى» (١٠/ ٢٩٤)، و «جامع المسائل» (٤/ ٤١)، و «طريق الهجرتين» (٥١٠)، و «مدارج السالكين» (١/ ٢٩٧)، و «شفاء العليل» (٦١٧).

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