Lorsque les ouvrages des philosophes furent traduits, nombre de gens, voyant la faiblesse des propos des théologiens et entendant ceux-ci déclarer : « Voilà ce qu’a apporté le Messager », franchissaient aussitôt le pont et allaient s’établir sur l’autre rive (1)(2). Tout cela procède d’une ignorance grossière et d’une imagination pervertie qui veut que la vérité ne puisse sortir de leurs dires. Or que de fois la vérité se dérobe à leurs énoncés ! Et que de fois, sur des questions qui, en elles-mêmes, sont justes et avérées, s’en vont-ils vers l’erreur (3) !
Sache donc que, même si les théologiens s’accordaient unanimement sur un point, leur consensus ne ferait autorité pour aucun savant ; que dire lorsqu’ils divergent ?
En vérité, contempler la sagesse d’Allah dans les sentences et les décrets qu’Il réalise sur Ses serviteurs par le biais de leurs propres choix et volontés est l’un des sujets les plus subtils, les plus profonds et les plus opaques que les hommes aient abordés. Il s’y trouve des sagesses que nul ne connaît, hormis le Très-Sage, l’Omniscient – exalté soit-Il. Nous en indiquerons quelques-unes :
La première est qu’Il aime ceux qui se repentent. Tant est grand Son amour pour eux qu’Il Se réjouit du repentir de l’un d’eux plus que ne se réjouit celui qui retrouve sa monture – chargée de sa nourriture et de sa boisson – dans le désert redoutable et meurtrier, après l’avoir perdue et avoir perdu tout espoir (4)(5)(6). Et, parmi les diverses formes de joie, il n’en est