Ces deux contemplations déposent le serviteur au seuil de l’amour et lui ouvrent des horizons de connaissances et de sciences qu’aucune langue ne saurait exprimer.
Il s’agit là d’une porte majestueuse parmi les portes de la connaissance, que bien peu de gens ont franchie : contempler la sagesse parfaite à l’œuvre dans le décret des mauvaises actions et la prédestination des péchés. De fait, les hommes n’ont sondé la sagesse qu’en ce qui concerne les ordres et les interdictions ; ils s’y sont aventurés et ont livré ce qu’atteignait leur science. Ils ont aussi ouvert cette porte à propos de la création, comme nous l’avons montré, et y ont exposé ce que leur permettait leur capacité. Quant à cette porte-ci, tu l’as vu : leurs propos à son sujet sont si rares qu’il est difficile de trouver chez l’un d’eux (1) une parole qui satisfasse ou même effleure (2) la question.
Comment celui qui affirme que les actes des serviteurs ne sont pas créés par Allah et n’entrent nullement dans Sa volonté pourrait-il entrevoir la sagesse de ce domaine ? Comment pourrait-il la rechercher ou l’établir ?
Et comment y accéderait-il celui qui déclare : « Certes, elles sont la création d’Allah, mais Ses actes ne sont motivés par aucune sagesse ; jamais la lām de la cause n’y trouve place. Si quelque indication semble pointer en ce sens, on la renvoie à la lām de la conséquence, non à celle de la cause et du but ; de même, lorsque la bā’ apparaît dans Ses actes, on l’explique par la simple concomitance et non par la causalité » ?
Or, puisque, aux yeux du commun, les théologiens se réduisent à ces deux écoles, ils n’imaginent pas que la vérité puisse se trouver hors de leur champ. Ainsi, nombre de personnes éminentes se retrouvent déroutées lorsqu’elles rencontrent certaines de leurs affirmations corrompues… (3) sans savoir vers qui se tourner.