La différence entre celui-ci et le cinquième état est que l’homme du cinquième contemple l’achèvement de sa propre indigence, de sa faiblesse et de son besoin, tandis que l’homme du présent état considère l’absolue singularité d’Allah dans la création et l’invention des êtres, et reconnaît qu’« il n’est de puissance ni de force si ce n’est par Lui ».
Septièmement : l’état de la Sagesse. Il consiste à contempler la sagesse d’Allah dans Son décret et dans le fait qu’Il laisse le serviteur aux prises avec la faute.
À ce sujet, Allah possède des sagesses que l’intellect est incapable de cerner. Nous en avons exposé, dans cet ouvrage (1), près de quarante (2), et, au début du présent livre, nous avons déjà signalé quelques-unes d’entre elles (3).
Huitièmement : l’état des Noms et Attributs. Il consiste à voir le lien qui unit la création, l’ordre, le décret et la prédestination aux Noms et Attributs du Très-Haut, et à comprendre que ces réalités en sont l’effet inévitable. En effet, Ses plus beaux Noms ont voulu — entre autres — qu’Il laisse le serviteur face à la faute ; car Il est al-Ghaffâr (le Tout-Pardonnant), at-Tawwâb (Celui qui accueille indéfiniment le repentir), al-‘Afûw (Celui qui efface) et al-Halîm (le Très-Clément). Ces Noms requièrent nécessairement leurs effets : « Si vous ne péchiez pas, Allah vous ferait disparaître et ferait venir des gens qui pèchent, demandent pardon et Il leur pardonne » (4).
Cet état, ainsi que le précédent, est le plus sublime, le plus noble et le plus élevé de tous ; ils sont réservés à l’élite de la création. Songe donc à la distance qui les sépare du premier état.