Si tu dis : « Or, malgré cela (1), l’échéance qui lui est fixée lui demeure cachée ; il s’attend à la mort d’un instant à l’autre, et pourtant il s’adonne aux turpitudes et transgresse les interdits. Quel avantage, quelle sagesse y a-t-il donc à lui avoir voilé son terme ?! (2) »
Nous répondons : Par Allah, la question se pose bel et bien, et c’est précisément le point qui a déconcerté les esprits des gens sensés (3), au point que les hommes se sont scindés, à son sujet, en multiples courants :
— Un groupe a nié en bloc la sagesse et toute finalité dans les actes du Seigneur. S’abritant derrière un déterminisme absolu, ils se sont fermés toute issue et ont affirmé : « Les actes du Seigneur, exalté soit-Il, ne s’expliquent pas ; ils ne visent pas l’intérêt des serviteurs. Ils procèdent uniquement de Sa volonté pure et de Son vouloir souverain. » Ce faisant, ils ont récusé la sagesse d’Allah dans Sa création et dans les prescriptions qu’Il énonce (4).
— Un autre groupe, pour la même raison, a rejeté le décret divin dans son entier, prétendant que les actes des créatures ne sont pas créés par Allah ; il n’y a donc, selon eux, aucun motif de leur chercher une sagesse. Ces actes seraient leur propre fabrication et leur invention ; ils se réalisent à la mesure de leur ignorance, de leur injustice et de leur faiblesse, si bien que seule une infime partie d’entre eux tombe juste et conforme à la vérité.
Ces deux factions se trouvent ainsi dans l’opposition la plus radicale : la première a sombré dans l’excès du déterminisme et dans la négation des sagesses inhérentes aux actes d’Allah, tandis que la seconde a versé dans la négation du décret, soustrayant à la souveraineté et à la puissance du Seigneur un grand nombre d’événements, voire la plupart d’entre eux.