Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

Nul ne s’en rend compte, sauf celui qui a scruté ce que ces gens recèlent de formes de fantasmes, de sortes d’impossibilités, de mille obsessions et passions(1), de frénésie et de confusion ; et ils s’imaginent pourtant tenir quelque chose(2). Non ! Ce sont eux, en vérité, les menteurs(3).

Louange donc à Allah, qui a gratifié les croyants : « lorsqu’Il a suscité parmi eux un Messager issu d’eux-mêmes, qui leur récite Ses versets, les purifie et leur enseigne le Livre et la sagesse, alors qu’auparavant ils se trouvaient certes dans un égarement manifeste » (Coran 3, 164).

Section (4)

Relève également de Sa sagesse — exalté soit-Il — de leur avoir interdit certaines connaissances : celle de l’Heure(5) et celle du terme exact de leur vie. Là se trouve une sagesse éclatante qui ne requiert aucune démonstration.

En effet, si l’être humain connaissait la durée de son existence : si elle était brève, la vie ne lui procurerait aucune douceur ; comment y goûterait-il, alors qu’il attend la mort à date fixe ? Sans cette longue espérance, le monde serait déjà en ruine ; sa prospérité repose sur les espoirs que chacun nourrit.

Et si la durée lui était longue — et qu’il en fût assuré — il se sentirait garanti de demeurer ; il se livrerait alors sans scrupule aux passions, aux péchés et aux diverses formes de corruption, se disant : « Lorsque l’échéance approchera… »

(1) « wal-hawa » ne figure pas dans le manuscrit Q. (2) D’après le manuscrit T : « wa-hum yaḥsabūna annahum yuḥsinūna ṣunʿan ʿalā shayʾ ». (3) L’auteur – qu’Allah lui fasse miséricorde – semble désigner par « ces gens » les astrologues ; il développera plus loin la réfutation de leurs thèses. (4) Al-Dalāʾil wa-l-Iʿtibār, p. 61 ; Tawḥīd al-Mufaḍḍal, p. 41-43. (5) Manuscrit Q : « min ʿilm as-sāʿah » (de la science de l’Heure).
ولا يعرفُ هذا إلا من اطَّلع على ما عند القوم من أنواع الخيال، وضروب المُحال، وفُنون الوساوس والهوى (١)، والهَوَس والخَبْط، وهم يحسبون أنهم على شيء (٢)، ألا إنهم هم الكاذبون (٣). فالحمدُ لله الذي منَّ على المؤمنين ﴿إِذْ بَعَثَ فِيهِمْ رَسُولًا مِنْ أَنْفُسِهِمْ يَتْلُو عَلَيْهِمْ آيَاتِهِ وَيُزَكِّيهِمْ وَيُعَلِّمُهُمُ الْكِتَابَ وَالْحِكْمَةَ وَإِنْ كَانُوا مِنْ قَبْلُ لَفِي ضَلَالٍ مُبِينٍ﴾ [آل عمران: ١٦٤]. فصل (٤) ومن حكمته سبحانه ما منعهم من العلم، علمِ السَّاعة (٥) ومعرفة آجالهم، وفي ذلك من الحكمة البالغة ما لا يحتاجُ إلى نظر. فلو عرف الإنسانُ مقدار عمره؛ فإن كان قصيرَ العمر لم يتهنَّأ بالعيش، وكيف يتهنَّأ به وهو يترقَّبُ الموت في ذلك الوقت؟! فلولا طولُ الأمل لخرِبَت الدُّنيا، وإنما عمارتُها بالآمال. وإن كان طويلَ العمر ــ وقد تحقَّق ذلك ــ فهو واثقٌ بالبقاء، فلا يبالي بالانهماك في الشهوات والمعاصي وأنواع الفساد، ويقول: إذا قَرُبَ
(١) «والهوى» ليست في (ق). (٢) (ت): «وهم يحسبون أنهم يحسنون صنعا على شيء». (٣) كأن المصنف رحمه الله تعالى يقصد بهؤلاء القوم من الناس: أهل التنجيم. وسيفصِّل الردَّ عليهم فيما يأتي. (٤) «الدلائل والاعتبار» (٦١)، «توحيد المفضل» (٤١ - ٤٣). (٥) (ق): «من علم الساعة».

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