…pour s’en détourner ? » [Al-Muddaththir : 49] ; ce rappel est fréquent dans le Coran, où il vient expliciter (1) ce que la fitra et la raison contiennent déjà, à l’état global, comme connaissance de Lui.
Considère donc comment la reconnaissance de Son existence, de Son unicité, de Ses attributs de perfection et de majesté, ainsi que de Sa sagesse dans la création et dans l’ordre qu’Il prescrit — sagesse qui implique l’authenticité de la mission de Ses messagers et la rétribution du bienfaiteur pour son bien comme du malfaiteur pour son mal — est déposée et profondément enracinée dans la fitra.
Si cette nature primordiale demeurait telle qu’elle a été créée, sans que rien ne vienne la corrompre, la transformer ou l’altérer, elle reconnaîtrait (2) Son unicité, l’obligation de Le remercier et de Lui obéir, Ses attributs et Sa sagesse dans Ses actes, ainsi que la réalité de la récompense et du châtiment. Mais, lorsqu’elle se gâte et s’écarte de la voie pour laquelle elle a été créée, elle nie alors ce qu’elle nie et renie ce qu’elle renie.
Allah a donc envoyé Ses messagers pour rappeler ceux dont la fitra est saine et intacte ; ils se sont soumis librement, par choix, avec amour et adhésion, grâce aux témoignages qu’Il avait placés dans leurs cœurs. Il en est même parmi eux qui ne demandèrent ni miracle ni prodige (3), car ils savaient, par la nature même de l’appel, qu’il était véridique et que sa preuve résidait en lui-même.
Les messagers ont ainsi présenté l’excuse (4) et établi l’argument contre ceux dont la fitra est corrompue, afin qu’ils ne puissent objecter devant Allah qu’Il ne les a ni guidés ni dirigés ; de la sorte, la parole se réalise contre eux par l’établissement de la preuve (5), et Allah, exalté soit-Il, ne sera point injuste envers eux en les châtiant.