Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

Le premier : le bayân intellectuel, par lequel l’esprit distingue entre les connaissances.

Le second : le bayân verbal, grâce auquel on exprime ces connaissances et on les transmet à autrui (1).

Le troisième : le bayân graphique, écrit, au moyen duquel on trace ces mots, si bien que le lecteur saisit leur sens tout comme l’auditeur saisit le sens des paroles.

Ainsi, celui-ci est un éclaircissement pour l’œil, celui-là un éclaircissement pour l’ouïe, et le premier un éclaircissement pour le cœur.

Il arrive fréquemment qu’Allah, exalté soit-Il, associe ces trois facultés, comme lorsqu’Il dit : « L’ouïe, la vue et le cœur : sur tout cela on sera interrogé » [Al-Isrâʾ : 36], et : « Allah vous a fait sortir du ventre de vos mères dénués de tout savoir ; puis Il vous a donné l’ouïe, la vue et les cœurs afin que vous soyez reconnaissants » [An-Naḥl : 78]. En revanche, Il blâme ceux qui ne tirent aucun profit de ces facultés pour acquérir la guidée et la science utile, ainsi qu’Il dit : « Sourds, muets, aveugles » [Al-Baqarah : 18], et : « Allah a scellé leurs cœurs, leur ouïe, et un voile recouvre leur vue » [Al-Baqarah : 7]. L’exposé détaillé de ce point a déjà été présenté (2).

Avertissement : contemple la sagesse du Très-Subtil, du Parfaitement Connaisseur, qui a accordé à l’être humain la science nécessaire à la rectitude de sa vie d’ici-bas et de l’au-delà, tout en lui refusant la connaissance de ce dont il n’a pas besoin ; l’ignorer ne lui nuit pas, et le connaître ne lui procure qu’un bénéfice bien mince (3).

(1) Telle est la leçon des manuscrits de base ; on pourrait cependant comprendre : « afin qu’il la saisisse ». (2) Voir p. 293 et 552. Dans les manuscrits N et H : « L’exposé détaillé de cette question a déjà été donné ». (3) Manuscrits R et D : « Réfléchis à ce que l’homme a reçu comme savoir et à ce qui lui a été refusé ». L’auteur précisera plus loin : « Puis Il, le Très-Haut, leur a interdit la connaissance de tout ce qui dépasse cela, savoir étranger à leur condition et dépourvu d’utilité pour eux ».}
أحدها: البيانُ الذِّهنيُّ الذي يميِّز فيه بين المعلومات. الثاني: البيانُ اللفظيُّ الذي يعبِّر به عن تلك المعلومات ويُتَرْجِمُ عنها فيها (١) غيره. الثالث: البيانُ الرَّسميُّ الخطِّيُّ الذي يرسُم به تلك الألفاظ، فتَبِينُ للنَّاظر معانيها كما تَبِينُ للسَّامع معاني الألفاظ. فهذا بيانٌ للعَين، وذاك بيانٌ للسَّمع، والأوَّلُ بيانٌ للقلب. وكثيرًا ما يجمعُ سبحانه بين هذه الثَّلاثة؛ كقوله تعالى: ﴿إِنَّ السَّمْعَ وَالْبَصَرَ وَالْفُؤَادَ كُلُّ أُولَئِكَ كَانَ عَنْهُ مَسْئُولًا﴾ [الإسراء: ٣٦]، وقوله: ﴿وَاللَّهُ أَخْرَجَكُمْ مِنْ بُطُونِ أُمَّهَاتِكُمْ لَا تَعْلَمُونَ شَيْئًا وَجَعَلَ لَكُمُ السَّمْعَ وَالْأَبْصَارَ وَالْأَفْئِدَةَ لَعَلَّكُمْ تَشْكُرُونَ﴾ [النحل: ٧٨]، ويذُمُّ من عَدِم الانتفاع بها في اكتساب الهدى والعلم النَّافع؛ كقوله: ﴿صُمٌّ بُكْمٌ عُمْيٌ﴾ [البقرة: ١٨]، وقوله: ﴿خَتَمَ اللَّهُ عَلَى قُلُوبِهِمْ وَعَلَى سَمْعِهِمْ وَعَلَى أَبْصَارِهِمْ غِشَاوَةٌ﴾ [البقرة: ٧]. وقد تقدَّم بسطُ هذا المعنى (٢). تنبيه: تأمَّل حكمة اللطيف الخبير فيما أعطى الإنسانَ علمَه (٣) بما فيه صلاحُ معاشه ومعاده، ومَنَعَ عنه علمَ ما لا حاجة له به، فجهلُه به لا يضرُّ، وعلمُه به لا ينتفعُ به انتفاعًا طائلًا.
(١) كذا في الأصول. ولعلها: فيفهمها. (٢) (ص: ٢٩٣، ٥٥٢). وفي (ن، ح): «وقد تقدم البسط لهذا الكلام». (٣) (ر، ض): «فكِّر فيما أعطي الإنسانُ علمَه وما مُنِع منه». وسيأتي قوله: «ثم منعهم سبحانه علم ما سوى ذلك مما ليس من شأنهم ولا فيه مصلحة لهم».

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