— c’est-à-dire l’ʿalaqa (le caillot adhérent) ; car, avant ce stade, il n’était qu’une goutte de sperme, et sa toute première transformation le conduit précisément vers l’ʿalaqa.
— Troisièmement, Il mentionne ensuite l’enseignement par le calame, l’une des plus grandes faveurs qu’Il ait accordées à Ses serviteurs : grâce à lui, les sciences se perpétuent, les droits sont confirmés, les testaments connus, les témoignages conservés, la comptabilité des transactions entre les gens tenue avec précision ; par lui encore, les récits des anciens sont consignés pour les contemporains, et ceux des contemporains pour les générations à venir (1).
Sans l’écriture, l’histoire d’une époque serait coupée de celle d’une autre, la sunna disparaîtrait (2), les jugements seraient livrés à la confusion, la postérité ignorerait les voies de ses prédécesseurs, et un grave désordre s’insinuerait dans la religion et dans la vie matérielle des hommes : l’oubli effacerait en effet les images du savoir de leurs cœurs. Aussi a-t-Il fait de l’écrit un récipient qui préserve la connaissance de la perte, à l’image des récipients qui protègent les bagages de la disparition et de l’altération.
La grâce d’Allah, exalté soit-Il, consistant à enseigner le calame (3) compte donc parmi les plus illustres bienfaits. Certes, l’homme accède à l’art d’écrire par sa finesse d’esprit et son ingéniosité, mais Celui qui l’y a conduit et le lui a rendu possible n’est autre qu’Allah : un don qu’Il lui a octroyé, une faveur qu’Il lui a faite, un surcroît dans sa création et une distinction (4). C’est Lui qui lui a appris à écrire ; et, bien que l’homme soit l’apprenant, son acte n’est qu’une réponse à l’enseignement de Celui qui instruisit par le calame : Il l’a instruit, et il a appris, tout comme Il lui a enseigné la parole, et il a parlé.
D’ailleurs, qui donc lui a donné l’intelligence qui saisit, la langue qui traduit, et les doigts qui tracent ? Qui a disposé son esprit à recevoir cet enseignement, à l’exclusion de toutes les autres créatures ?